‹ La conspiration de l'étrangerChapitre 3 sur 75 · I . Voir plus loin l'étude intitulée Danton tt Louis Comte · texte numérisé non relu

I . Voir plus loin l'étude intitulée Danton tt Louis Comte

a. Cet acteur était certainement lié avec Fabre d'Ëglantine . Il accompagnera plus tard Bernard de Saintes dans sa mission en Franche-Comté et dans la conquête du pays de Montbéliard .

3. Le récit de Comte concorde d'une façon très impressionnante avec le no 274 du Père Dachesne. Comte était vraisemblablement en rapports étroits avec le groupe Proli. C'est ce qui explique qu'il se soit adressé à Hérault de Séchelles. Du ■

Ainsi, c'est au moment où Danton est harcelé par les hébertistes que se produit la riposte, la contre-attaque deFabre d'Églanline. Cette contreattaque n'est pas isolée, bien entendu, elle fait partie d'un ensemble, de tout un système de défense.

Chassés du Comité de Salut public depuis le 10 juillet, du Comité de Sûreté générale depuis le i4 septembre, harcelés journellement par les hébertistes, les endormeurs, les nouveaux brissotins, — on ne les appelle pas encore les indulgents, — n'osèrent pas d'abord résister ouvertement à leurs adversaires. Ils se défendirent au contraire d'être des modérés, d'avoir pour les fédéralistes et pour les aristocrates de secrètes faiblesses. Ils luttent de démagogie avec les plus déterminés des hébertistes. Avec eux ils votent la loi des suspects, l'armée révolutionnaire, le séquestre des biens des étrangers, etc. Mais ils s'arrangent cependant pour frapper de stérilité les mesures révolutionnaires que le souci de leur popularité leur a imposées. Ainsi, le 4 septembre, quand la Commune demande l'institution de l'armée révolution-

fourny rapportera que, le 7 octobre, Pereira disait en sa présence à Amar, dans le salon des Jacobins, « qu'il avait un espion qu*il payait 5 francs par jour, qu'il avait une liste de patriotes, que les actions de Danton baissaient depuis quinze jours » (Arch. nat., W, 78). Ce langage prêté à Pereira est exactement contemporain de la dénonciation de Comte. Sur le rôle de Hérault de Séchelles, voir plus loin notre article : <c Hérault de Séchelles était-il dantoniste ? »

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naire, Danton applaudit, mais, sous prétexte de compléter une mesure dont il fait Téloge, il en fait voter une autre qui, sous des dehors également très populaires, est en réalité un frein au mouvement révolutionnaire. Il fait instituer la paie des 4o sous et supprimer la permanence des sections. Quand Billaud Varenne le même jour, 4 septembre, propose de mettre en arrestation tous les gens suspects, Basire appuie, mais il englobe dans les suspects à arrêter : « les hurleurs appostés depuis longtemps pour la révolution sectionnaire... les agitateurs, les hurleurs qui égarent le peuple » et, pour terminer, il réclame Tépuration des comités révolutionnaires, ce qui est décrété.

On voit par ces deux exemples la tactique première des dantonistes : éviter de se dépopulariser en attaquant de front les mesures révolutionnaires, mais les dénaturer et les faire tourner contre leur but par l'application qui en sera faite.

Un autre moyen consistait à ruiner une mesure populaire en la dépassant, en Toutrant au point de la rendre inapplicable. Ce fut surtout le procédé de Chabot. Ainsi, le 20 août, au moment où on discutait la levée en masse et où on parlait déjà d'arrêter les suspects. Chabot proposa sérieusement de chasser tous les suspects de la République. Il ne voulait pas, disait-il, qu'on les mît en arrestation, car cette opération prêterait à l'arbitraire, « en ce que l'on regarde comme sus-

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p€cte une femme qui n'assiste pas à la messe d'un prêtre assermenté », « ensuite elle aigrit contre vous les aristocrates et les fait affronter mille périls pour se venger ». La manœuvre était si grossière que la Convention Taccueillit par des murmures. Dans le même esprit démagogique, Basire demandera à deux reprises une loi qui rendrait le tutoiement obligatoire (lo et 21 brumaire).

Aussitôt que la loi des suspects fut votée, les dantonistes s'efforcèrent de la tourner éontre les hébertistes. Ils ont au département de Paris un homme à eux, ami intime de Danton et de Fabre d'Églantine, l'ingénieur Dufourny, qui a fondé en 1790 le club des Cordeliers et qui est maintenant président du département. Fidèle à la tactique de ses amis, Dufourny, qui jouit aux Jacobins d'une grosse influence, ne manque pas de prendre l'initiative des motions les plus populaires. Il dénonce, le 25 août, les comités des finances et du commerce dont il demande le renouvellement. Le 7 septembre, il réclame à la Convention, au nom des Jacobins, le séquestre des biens des étrangers. Tant que Chabot marche d'accord avec les hébertistes, il le poursuit d'attaques acharnées, dénonçant constamment ses malversations, son mariage, etc. Il s'en prend à Cambon comme à Chabot. Nul plus que Cambon n'avait contribué à donner créance à la réputation douteuse qui enveloppait Danton. C'était CamboR qui avait relevé avec âpreté, au début de

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la Convention, les irrégularités de la reddition des comptes des dépensas secrètes de Danton*. C'était Cambon qui avait dénoncé le premier le fournisseur d'Espagnac qui invoquait pour sa défense le nom de Danton. Or, le 26 août, quand Danton vint aux Jacobins présenter son apologie, quand il invita Hébert à reconnaître ses erreurs et qu'Hébert refusa de se rétracter, ce fut Dufourny qui vint indirectement au secours de Danton, et Dufourny ne trouva rien de mieux que d'attaquer Cambon et de rejeter sur Cambon une partie des griefs qu'Hébert avait imputés à Danton. Le même Dutourny s'empara de la loi des suspects comme d'une arme admirable pour se débarrasser de ses adversaires, de ses anciens amis du café Corazza, les Desfieux, les Proli, les Pereira, les Dubuisson, Icb Comte, devenus les ennemis de Danton et par conséquent les siens propres. Il a raconté, dans une déclaration qui figure dans le dossier du procès des héberlistes*, qu'en sa qualité de président du département, il recevait beaucoup d'avis, dont il envoyait copie au Comité de Sûreté générale « pour dégager sa responsabilité et soumettre à la prudence la décision des mesures à prendre ». « Dans un moment d'alarmes et dans le commencement des mesures révolutionnaires (c'est-à-dire au début de septembre), le Comité

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