‹ La conspiration de l'étrangerChapitre 32 sur 75 · CHAPITRE VI DANTON ET L'OR ANGLAIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI DANTON ET L'OR ANGLAIS

Plus les archives sont explorées et plus la figure ■de Danton, embellie par la plus contestable des légendes, reprend sa physioDomie réelle, telle qu'elle était apparue aux contemporains, une physionomie sinistre et équivoque.

Notre ambassadeur à Londres, La Luzerne, -écrivait au comte de Montmorin, notre ministre des Affaires étrangères, dans sa dépêche du ag novembre 1789, les phrases suivantes : « J'ai dit (au duc d'Orléans, alors en mission extraordinaire à Londres) qu'il y avait à Paris deux particulie anglais, l'un nommé Danton et l'autre nommé Pai que quelques personnes soupçonnaient d'être 1 agents les plus particuliers du gouvernemc ■anglais... je ne sais si on a fait des recherch pour savoir s'ils existaient réellement â Paris'.

I. Cstta étude a d'abord paru dans le« Annaltt rivoluti Tiairei de mars-avril 191Q.

3, Telle cité par 0. H*tïbd, HaUiirc lU la Rênolation d leâport! de guerre, t. II, p. 79-80.

Mâthiu, — Contiiiratioa. g

l3o ÉTUDES ROBESPIEBItlSTES

A cette date, Danton était encore profondément inconnu. Son nom n'avait guère dépassé l'enceinte du district des Cordelîers. La presse l'ignorait. La façon même dont notre ambassadeur s'exprime à son sujet est des plus curieuses. Il croit que Danton, (ju'il prononce sans doute à l'anglaise' Dantonne, est un sujet anglais. 11 est remarquable qu'il lui associe le nom de Paré, son principal clerc. Tout ce qu'il sait au sujet de ces deux individus, et il le sait au point de l'aflirmer sans circonlocutions diplomatiques, c'est qu'ils sont soupçonnés « d'être les agents les plus particuliers du gouvernement anglais », et il demande au ministre de faire une enquête à leur endroit.

Danton connaissait parfaitement la langue anglaise. Il se réfugiera en Angleterre, en août 1791, quand il sera inquiété pour sa participation à l'émeute du Champ de Mars. Il avait des amis de l'autre cAté de l'eau. Il garda constamment le contact avec eux. En octobre 1792, son demifrère Recordain, fils du second mari de sa mère, habitait Londres et lui écrivait des lettres en anglais, pour lui prouver qu'il faisait des progrès dans la connaisance de cette langue.

Un historien anglais, M. Alger, qui s'est occupé lialement de ceux de ses compatriotes qui ont mêlés à la Révolution française, nous apprend le cousin de Danton, Mergez (qu'il écrit à tort get), le même qui fut le secrétaire de Dumou- , si j'ai bonne mémoire, se maria en Angle-

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terre avec la fille de l'auteur dramatique Holcroft. Mergez était en Angleterre en même tamps que Recordain.

M. Alger a retrouvé aux Archives nationales* et publié, dans un article de VAthenœiim qui a passé inaperçu en France ^ une curieuse lettre qui fut adressée par le Foreign-Office au banquier Perregaux et qui figure aujourd'hui dans les papiers de Danton mis sous scellés au moment de son arrestation. Voici cette lettre que j'ai coUationnée sur l'original :

Whitehall, friday i3.

The information which you bave lately sent us has been very satisfactory, and gives heartfelt satisfaction to 12. We désire you to continue your exertîons and to advance 3ooo livres to M' G. D., I2 000 to W. T., and i ooo to De M. for the essential services they hâve rendered us en soufflant le feu and car-

rying the Jac to a pa-

roxysm of fury. We hope that by their endeavours and those of others whom we shall soon send over, the old 7 will be again

Whitehall, vendredi i3.

L'information que vous nous avez dernièrement envoyée a été très satisfaisante et donne à \2 une satisfaction qui lui va au cœur. Nous désirons que vous continuiez vos efforts et que vous avanciez 3 ooo* livres à M. G. D., 12 ooo à W. T. et I ooo à De M.

pour les services essentiels qu'ils nous ont rendus en soufflant le feu et en portant les jacfobins] au paroxysme de la fureur. Nous espérons que, grâce à vos efforts et à ceux d'autres personnes que nous vous

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