‹ La conspiration de l'étrangerChapitre 31 sur 75 · I. ËRNOUF, Maret, p · texte numérisé non relu

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jours, Noël se rendit précisément en Belgique où était Danton. Miles nous apprend* qu'il rentra à Londres le 12 décembre au matin, revenant de Liège. Or, Danton était à Liège à la même époque, puisque le 10 décembre il signait avec Delacroix et Gossuîn une lettre adressée à la Convention^. Donc Danton et Noël se sont vus en Belgique. Il est très remarquable que ce soit précisément à son retour du continent que Noël ait essayé d'introduire Talon auprès de Pitt par Tintermédiaire de Miles. La conversation de Noël avec Miles à ce sujet est du 18 décembre ! Pour rejeter l'opinion de lord ActQn, M. HoUand Rose a imaginé une impossibilité qui n'existe pas.

Secourable à Pitt, M. Rose ne l'est pas moins à Danton. Pour innocenter celui-ci, il fait une supposition curieuse, qu'il emprunte d'ailleurs à M. Biliaire Belloc. Le nom de Danton n'auraitété lancé dans cette aventure que par suite d'une méprise, d'une erreur de lecture. Ce serait un certain Dannon, un honnête homme selon toute apparence, dit M. Belloc, un ami de Danton d'ailleurs, qui aurait fait l'oiFre dont parle lord Actôn. La confusion entre Dannon et Danton s'expliquerait de la façon la plus simple. Le 1 4 janvier 1798, Dannon demanda à la Convention d'accorder quelque répit à Louis. Quand Gallois réimprima

I . Correspondance de Miles, lettre de Miles à Pitt en date du la décembre.

a. Recueil des Actes du Comité de Salut public à la date.

DANTON, « DANNON », PITT 12J

le Moniteury il hésita devant ce nom obscur et il s'imagina qu41 était mis, par une faute d'impression, pour Danton. Il attribua donc à Danton le discours indulgent de Dannon. Michelet s'y laissa tromper... et de cette faute de lecture sortit la légende*.

Il est bien vrai que Gallois et Michelet ont fait Terreur, dont parle M. Belloc, d'attribuer à Danton le discours indulgent du i4 janvier. Mais le c( Dannon », qui serait le sosie de Danton et le bouc émissaire de ses péchés, n'a jamais existé. C'est un être d'imagination qui doit sa naissance à une faute typographique. C'est Daunou qui prononça le discours favorable à Louis XVI, et Daunou est bien connu. MM. Belloc et Rose auraient pu ouvrir n'importe quel dictionnaire. Ils se seraient tout de suite rendu compte qu'entre Daunou et Danton aucune confusion n'est possible.

Ce n'est pas Daunou qui envoya Noél à Londres en août 1792, c'est Danton. Ce n'est pas Daunou qui visita Noël dans son voyage sur le continent au début de décembre, c'est Danton. Danton est cité en toutes lettres dans les Mémoires de Théodore. Lameth. Lameth n'était pas homme à le confondre avec Daunou. Lord Acton aurait bien ri de la plaisante supposition de M. Rose. Quand on connaît Daunou, l'idée qu'il aurait pu demander un million au gouvernement anglais pour prix de

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