Interrogatoire du banquier Boucher. Arch. nat., W
3o ÉTUDES BOBESPIERBISTES
tation, au lendemain d'une conversation qu'il avait
eue chez Danton lui-même en présence du député
Courtois, son ami. Comte était interrogé le
II octobre, et Fabre d'Eglantine, qui n'était
cependant pas membre du Comité de Sûreté
générale, assistait à l'interrogatoire. Dès lors les
'estations d'hébertistes se succèdent coup sur
ip, toutes inspirées par Dufourny et par Fabre
^lantine. Le ii octobre, le jour mèmedel'in-
rogatoire de Comte, c'est l'arrestation du
neux tape-dur Maillard, le Maillard du 1 4 juillet,
3 5 et 6 octobre et des prisons de septembre.
moment de son arrestation, Maillard dirigeait
e police secrète extraordinaire. Le Comité de
reté générale l'avait chargé, quelques jours
int la fédération du lo août, d'enrôler une
xantaine de tape-durs qui feraient dans Paris
chasse aux suspects moyennant cinq livres par
ir'. Fabre d'Ëglantine craignait-il la police de
lillard? Dans le placard justificatif qu'il fit
icher, Maillard déclare qu'on l'arrêta sans lui
■e les motifs de son arrestation et il ajoute :
'''abre les connaît bien ces motifs, quoiqu'il les
se car, sans être membre du Comité de Sûreté
nérale, il y est resté le jour que l'arrestation de
lillard y a été décidée, depuis quatre heures de
près-midi jusqu'au lendemain quatre heures du
iïftae à 1( Con-
FABRE D'ÉGLANTINE 3t
matin. Que faisait-il là, je le demande* ? » Remarquez que c'est dans cette même séance que Louis Comte fut interrogé.
Le même jour encore, on arrête le banquier Van den Yver, le bailleur de fonds et Fami d'Anacharsis Cloots, qui va se trouver compromis par cette arrestation et qui figurera avant peu parmi les chefs de la faction de l'étranger.
Le II octobre encore, on arrête Rutledge qui avait joué au club des Cordeliers, en 1791, un rôle de premier ordre et qui avait dirigé un journal vivant et influent, le Creuset, Rutledge fut arrêté par ordre de la Convention sur la proposition de Fabre d'Églantine^. Le conventionnel Boucher Saint-Sauveur, qui avait connu Rutledge et Fabre au club des Cordeliers, prit la défense de Rutledge dans une Déclaration publique qu'il termina par cette phrase : « Je ne croirai jamais que ce soit une pareille dénonciation (celle de Fabre) qui ait pu motiver sa détention^. » Le citoyen Lesueur protesta à son tour le 3 brumaire que Rutledge était la victime d'une haine personnelle*.
Ainsi, à quelques jours d'intervalle, Fabre d'Églantine, qui ne fait même pas partie du Comité
I . Le voile tombe et It calomniateur est découvert, 8 p. in-4> a. Voir la séance de la Convention dans les Archives parlementaireSt t. LXXVI, p. 862.