‹ La conspiration de MaletChapitre 38 sur 41 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Hulin, dont le plomb de Malet était resté perdu dans le visage, garda le commandement de Paris jusqu'au mois de mars 1814.

Ce fut lui qui, le 29 de ce mois, à la tète de deux mille six cents hommes d'élite, fut employé à couvrir la marche de Marie- Louise, de Cambacérès et de Rovigo, qui s'enfuyaient à Blois avec le roi de Rome et la Régence \

Historien obscur de nos discordes civiles, nous devons excuser le despotisme qui ne s'est pas toujours respecté lui-même, mais qui nous a laissé assez de gloire pour lui pardonner ses victimes du 29 octobre. Sans doute, nous ne

^ Au mois d'avril 1814, Hulin fut un des premiers à se rallier aux Bourbons. Mais revenu à l'Empereur, au retour de Tîle d'Elbe, il fut alors rappelé au commandement de Paris. Forcé de s'exiler en 18 16, il reçut, au bout de trois ans, l'autorisation de rentrer en France, et mourut en 184 1 à Paris rue du Cherche-Midi, n® 78, laissant sa grosse fortune et ses titres à son fils adoptif, Henri Hulin, son neveu, alors capitaine d'infanterie.

Son tombeau est au cimetière Montparnasse, avenue de l'Ouest, iS^ division, à côté du monument de Dumont-d'Urville : il est surmonté de son buste en marbre blanc par David d'Angers, et au revers se trouvent les armes de comte du vainqueur de la Bastille.

pouvons que déplorer, maudire ces arrêts qui firent tomber sous les balles françaises tant d'innocents, victimes eux-mêmes d'un complot où il n'y avait qu'un coupable. Mais n'y a-t-il pas eu, dans notre histoire, d'autres feux de peloton aussi atroces, frappant des victimes sinon aussi innocentes, du moins encore plus saintes ^ ?

Faisons trêve de réllexions générales. La postérité citera Malet à côté de Catilina, d'Harmodius etd'Aristogiton, qui ne furent pas plus heureux dans leur tentative, et elle se souviendra longtemps du prodigieux conspirateur qui eut le droit de dire en mourant, comme Néron: Qualis artifex pereo , Elle oubliera, sans doute, les noms de ses obscurs complices et des innocentes victimes sur lesquelles l'homme gigantesque a passé avec sa gloire. Mais, l'un deux, Guidai, a pu mourir en adressant au ciel les derniers mots de Gracchus : « Je jette

* Citons seulement l'intrépide héros de la guerre de Russie.

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