‹ La conspiration de MaletChapitre 37 sur 41 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

à Tîle d'Elbe ? Il est vrai qu'il rendait la monnaie de sa pièce au vieillard impotent et oublié, dont les guêtres de velours ne rappelaient guère les bottes éperonnées du conquérant et qui, avec un aplomb ne manquant pas de grandeur, datait sa première ordonnance de la ce dix-neuvième année » de son règne.

La destitution de Frochot ne fut pas la dernière rigueur qui suivit la fantastique équipée : un décret du 3o décembre 18 12 décida que le régiment de la garde, si compromis aux yeux de l'Empereur dans la conspiration, n'appartiendrait plus à la ville de Paris, et ses cohortes furent envoyées en province.

L'escadron de cavalerie, qui n'avait pas été mêlé aux manœuvres de Malet contre le gouvernement, fut versé au régiment des lanciers de la garde.

Par un autre décret du 10 avril 181 3, un régiment de gendarmerie impériale de Paris^ composé de huit cent quarante hommes, fut

lya LA CONSPIRATION DE MALET

créé et administré dorénavant par le préfet de Police'.

Les deux simples officiers qui, à Tannonce de la mort de l'Empereur, s'étaient avisés de douter et avaient peut-être, grâce à leur énergique attitude, empêché la révolution, reçurent leur récompense du souverain : le colonel Doucet fut promu au grade de général, et le commandant Laborde devint baron de TEmpire et commandant de l'Aigle d'or \ C'est ainsi que l'Empire solda ses dettes.

* Ce fut « au grand déplaisir du maréchal. Moncey, inspecteur général de la gendarmerie, des attributions duquel cette gendarmerie spéciale fut distraite... Le maréchal Moncey avait peu d'esprit, il était très colère: trouvant M. Pasquier au château, le lendemain du Conseil d'Etat où cette formation avait été décidée, il lui dit en marchant à grands pas : « Vous avez fait de belles choses hier au Conseil; ainsi, moi, inspecteur général de la gendarmerie, lorsque je rencontrerai un de ces gendarmes, le chapeau de travers, je ne pourrai pas le redresser? — Je ne mopposerai pas, répondit le préfet Pasquier, à ce que vous lui fassiez remettre droit i». Journal du maréchal de Castellane, Paris, Pion, 1895, t. II, p. 237.

2 Laborde fut décoré de l'Aigle d'or le aS novembre i8i3 [Almanach royal de i8i4-i8i5). La décoration des membres de la Légion d'honneur était en or pour les grands officiers, les commandants et les officiers, et s'appelait V Aigle d^or, et en argent pour les Légionnaires, et s'appelait l'Aigle d'argent.

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