‹ La constitution allemande du 11 aout 1919;Chapitre 4 sur 84 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

célébrait, en 1906, le centenaire de l*œuvre de Montgelas et des bienfaits de Napoléon; aux jours d'orage, le vieux roi souffrait d*une balle prussienne qu'il avait reçue dans le pied, à Sadowa. Nation intellectuelle et artiste ou se prétendant telle, la Bavière était heurtée par l'arrogance militariste des Prussiens; catholique, elle s'irritait du Kulturkampf et plus encore peut-être du dédain proclamé par les réformés de Prusse pour ses populations paysannes croupissant encore dans l'obscurantisme papiste. Dénoncée comme réactionnaire, elle s'enorgueillissait cependant de donner au Reichstag impérial et à toutes les Diètes l'exemple de la responsabilité ministérielle et des libertés parlementaires. Les froissements étaient quotidiens entre Berlin et Munich. Entrée d'assez mauvaise grâce dans la Confédération, la Bavière y semblait retenue par le prestige de la force prussienne, par l'avantage de la prospérité matérielle de l'Allemagne, et aussi parce qu'elle avait su faire respecter quelques droits réservés : contingent spécial avec uniforme distinct, timbreposte, simulacre de diplomatie, etc.. Pourtant nous n'avons pas oublié, que, à toutes les occasions, par la plume de ses journalistes, par les doctes ouvrages de ses historiens, comme Franziss, par le crayon aiguisé du Shnplicissimus, le loyalisme de la Bavière s'affirmait conditionnel.

Et voilà que la triple condition de ce loyalisme a été balayée par la guerre et la révolution. L'Allemagne a été écrasée dans une guerre criminellement déchaînée par l'orgueil prussien : le mark vaut quarante centimes de notre franc cependant détrôné sur les grands marchés du monde ; et la Constitution supprime tous les privilèges, peut-être vides de réalités.

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