‹ La constitution allemande du 11 aout 1919;Chapitre 3 sur 84 · PREFACE IX · texte numérisé non relu

PREFACE IX

dualité, qu'ils allégeraient, dans une certaine mesure, la menace qui nous vint de l'Est, et qu'ainsi la France et l'univers pourraient plus librement respirer.

La Constitution nouvelle déçoit tous ces espoirs. Loin d'atténuer le péril, elle l'aggrave. Elle complète, parachève, couronne la flensée de Bismarck. Au lieu d'un Empire fédéral, d'un faisceau d'Etats doués chacun d'une part de personnalité et d'un germe d'indépendance, nous nous trouvons désormais en présence d'un bloc, d'un Reich qui est un Einhe'itsstaaty un Etat unitaire et à peine décentralisé. En dépit de sa mauvaise humeur^ Bismarck n'avait pu réaliser la Prusse-Allemagne. Il avait dû tolérer tout un arc-enciel de royaumes, grands-ducliés, duchés, principautés et républiques. Partout la guerre a passé, sur cette diversité, son terrible niveau. La République est obligatoire. Les anciens éléments de TEmpire ont perdu leur dignité dans la tempête; ils ne sont plus Etatsmembres {GUedstaaten) et sont tombés à la condition de Pays {Lancier), Plus de privilèges, plus de droits réservés : tous sont égaux, par la soumission de plus en plus complète à un pouvoir central qui est théoriquement celui du Reich, qui est en fait celui delà Prusse, puisque, à elle seule, la Prusse a plus de la moitié de la population du Reich. La constitution malaxe tous les vieux patriotismes locaux; un prussien devient électeur en Bavière, et réciproquement. La Prusse-Allemagne est faite ; le désastre a complété l'œuvre de la victoire.

Tel est l'état actuel des choses, le droit positif aujourd'hui en vigueur. Cependant, ce livre nous montre, derrière cette façade des textes, derrière cet appareil des votes de la Constituante, les forces historiques qui s'agitent et qui agissent. La Bavière

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