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lemeut en l’absence du président que le second , en vertu de son titre , s’occupe des affaires ; et , dans le cas oü l’un et l’autre ne sont pas très-lies ensemble, si le président veut agir par lui-même et tout seul, le vice-président ne lit jamais de documents et n’a absolument rien à faire. À la Trésorerie, il y a l’ombre d’un bureau ; mais les membres de ce bureau n’ont aucune autorité : ce sont des fonctionnaires dont tout le travail consiste, suivant Canning , à faire une Chambre, à la conserver en nombre et à applaudir les ministres. L 'India office, ou bureau des Indes, a un conseil régulier et fixe; mais le Colonial office, ou bureau des colonies, qui doit veiller à nos possessions coloniales et autres, n’a point en ce moment, et n’a jamais eu, le moindre conseil. En somme, chacune île ces administrations diverses peut avoir une bonne organisation en elle-même, mais l’ensemble n’est pas assez uniforme pour être satisfaisant.
La nécessité de créer un bureau permanent avec un chef permanent n’a jamais été soumise aux discussions qu’une seule fois en Angleterre, et encore il s’agissait d’un cas particulier, d’une anomalie, et le débat n’a abouti qu’à un résultat fort incertain. Quand la compagnie des Indes-Orientales fut abolie, il fallut créer un nouveau bureau pour les affaires indiennes. Feu M. James Wilson, qui était fort expert en matière administrative, soutint alors qu’on ne devait pas créer un conseil en titre, que le vrai conseil d’un ministre, c’est un certain nombre de secrétaires bien payés.
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fort occupés et responsables, que le ministre puisse consulter ensemble ou séparément à son gré, et quand bon lui semble. Ces secrétaires, d’après M. Wilson, offrent des garanties de capacité; car un ministre n’ira pas s’embarrasser et compromettre sa réputation en nommant un homme incapable à un poste si voisin du sien, et où il pourrait faire beaucoup de mal. Il se peut que dans un bureau se trouve quelque membre insuffisant; si les autres membres et le président ont du talent, on ne s’apercevra pas de l’incapacité d’un membre ou de deux membres qui se borneront à toucher leurs appointements sans rien faire. Mais un sous-secrétaire permanent, ayant un contrôle réel sur des affaires importantes, doit nécessairement être capable, sinon il attire le blâme sur son supérieur et lui fait de mauvaises affaires au Parlement.
Il n’est ni dans mes intentions, ni de ma compétence d’exposer le meilleur système qu’il y aurait à suivre pour organiser les bureaux d’administration et régler leurs rapports avec un chef parlementaire. Ce n’est qu’après un examen attentif des détails qu’une personne sans expérience particulière du sujet pourrait se permettre de hasarder une opinion. Mais rien n’empêche que je fasse une remarque, c’est que le plan de M. Wilson est suivi dans cette partie de notre administration qui a le plus de succès, et qui est chargée des « voies et moyens » . Quand le chancelier de l’Échiquier prépare un budget, il dc-
LES CHANGEMENTS DE MINISTÈRE
mande aux fonctionnaires responsables qui administrent les revenus publics de faire un devis estimatif des revenus probables, en partant de celte hypothèse préalable, qu’on ne fera aucun changement et qu’on continuera de lever les taxes comme l’année précédente; si, ensuite, il juge à propos d'opérer des modifications, il se fait remettre un rapport supplémentaire. S’agit-il de renouveler les billets de l’Échiquier, ou de faire quelque opération financière dans la Cité, il prend l’avis oral ou écrit du fonctionnaire le plus capable et le plus responsable qui se trouve dans les bureaux de la dette nationale et de même à la Trésorerie. M. Gladstone, qui est assurément le meilleur chancelier de l’Echiquier de notre temps et l’un des meilleurs qui aient jamais été, a souvent l’occasion d’exprimer sa gratitude pour tout ce dont il était redevable à ces habiles conseillers. Plus un homme se connaît lui-même et plus il est rompu à la pratique des affaires, plus il est porté à prendre et à apprécier les avis qui émanent de personnes capables et expérimentées. Celte précaution a de bons résultats, on le voit, car nous avons sans contredil le budget le mieux fait qui soit au monde. Pourquoi les autres parties de l'administration n’arriveraient-elles pas au même degré de perfection, si on leur appliquait la même méthode?