LE RYTHME ET LE NOMBRE ORATOIRE DANS LA CONSTITUTION D'ATHÈNES
A) — De l'Hiatus
Depuis [socrate, les écrivains grecs ne se permettent l’hiatus qu'après certains mots, qui se rencontrent dans presque toutes les phrases, dont ils sont pour ainsi dire les organes essentiels, et que les grammairiens ont maintes fois énumérés. L'auteur de la Constitution d'Athènes se conforme à cette règle. Il n’admet l’hiatus que dans les cas suivants
1°) Après xaf, l’article, dé, viva, Enerra, eîta, ANS, HÂTE, Wnèe, ndvra, cp6doa, Dia, meot, pilote. Encore la plupart de ces mots se prêtent-ils à une élision, qui résout l'hiatus. Après u4, il est tantôt permis et tantôt évité.
20) L'hiatus se rencontre naturellement dans les expressions techniques, les locutions qui servent à préciser une date, les termes constitutionnels ou juridiques. Il sera, par conséquent, moins rare dans la seconde partie de l'ouvrage que dans la première.
3°) L’hiatus est assez ordinaire devant les formules de transition Et: dé, ërt de xai, qui sont familières à Aristote; et, enfin, il se rencontre dans l'expression : 4. ©, üvoux %v, et dans la formule : 4yaboù moïitou Éoyov, si fréquente dans la Politique. Ces dernières libertés sont dues à l'emploi de formes usitées dans la langue ‘philosophique d’Aristote. En reprenant ses habitudes de style, il est tout naturel qu'involontairement et
presque à son insu, il se relâche de sa rigueur.
4°) Après un x&lswv, la pause n'autorise pas l’hiatus. Cette règle est sévère, et l’on sait qu'Isocrate lui-même ne s'était pas imposé cette obligation.
Cependant ces exigences sont moins étroites qu'elles ne l’eussent été pour un disciple d’Isocrate. Ce sont sensiblement les mêmes qui sont observées dans les ouvrages systématiques. Dans la Poétique, la Rhétorique, l'Éthique, la Physique, Aristote semble y avoir prêté peu d'attention. En traitant d'une matière scientifique, qui exige l'emploi de nombreux termes techniques, il est, en effet, diflicile d'éviter ces rencontres de voyelles. Le philosophe ne sacrifie jamais à l'harmonie de la phrase le mot propre, ni le tour le plus convenable à l'expression de la pensée. À mesure qu'il avance dans la rédaction d’un traité, on voit que sa sévérité se relâche. C'est qu'il s'applique de plus en plus au fond, et de moins en moins à la forme.
Le début du Traité de l'âme, de la Poétique, de chaque livre du Traité du Ciel et de l'Éthique, semble plus soigné, Dans l'introduction historique de la Métaphysique, lhiatus est rare, Il y a une différence sensible entre les diverses parties dont se compose la Politique : le premier et le septième livres semblent avoir été plus rapidement écrits ou moins attentivement révisés que les autres. La différence n’ont pas moins sensible entre la première et la seconde partie de la Constitution d'Athènes, la seconde étant d'un caractère plus tech-
nique que la première.
B) — Du rythme.
Dans la Préface de son édition (1) Fr. Blass s'applique à démontrer que l’auteur de la Constitution d'Athènes a observé
à les règles rythmiques, formulées dans la Rhélorique. Nous
(1) Aristotelis Ilohkirelo AOnvaiwy (Leipsig, Teubner, 1892).
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