‹ La Constitution De Bayonne (1808) Essai d'Édition CritiqueChapitre 5 sur 87 · À Murat, 6 mai 1808, Corr. Nap., n · texte numérisé non relu

À Murat, 6 mai 1808, Corr. Nap., n

7. Corr. Nap., n° 13858. Napoléon ignorait sans doute encore le lamentable état des vaisseaux qui composaient nominalement l’escadre de Mahon. I ne reçut que plus tard, le 16 mai, l’élat de la flotte espagnole signalé plus haut.

l'Espagne, où va régner un prince de ma maison et qui va se trouver sous mon influence, donnera une nouvelle activité aux ports de Cadix et du Ferrol'. »

Dès que l'Empereur a des renseignements précis sur les ports et les escadres espagnols (le 16 mai), il donne à Murat des instructions qui ne peuvent laisser aucun doute sur les vrais motifs de l'intérêt qu'il porte aux finances du royaume : «L'Espagne aurait donc à mettre, pour la cause commune, 6 vaisseaux à Toulon, 3 vaisseaux à Carthagène, 12 à Cadix et7 au Ferrol, ce qui ferait 28 vaisseaux, ce qui certes est bien peu de chose. Il y a assez de matelots en Espagne. On approvisionnera bientôt l'arsenal. Ce qui manque seulement, c'est de l'argent et de l'activité. Combien en faut-il, de l'argent, pour faire ces armements *? » Trois jours après, il revient plus fortement encore sur ce sujet : « Je vous le dis encore une fois, il faut qu'on trouve de l'argent pour les armements de Cadix, de Carthagène et du Ferrol... J’ai besoin de ne pas perdre de temps; il me faut des vaisseaux, car je veux frapper quelque grand coup vers la fin de la saison’.» Le ministre des finances doit, ajoute l'Empereur, trouver sur-lechamp soixante millions de réaux pour la marine. Le 21 mai, le 23, le 24, le 26, le 28, il adresse encore à Murat des ordres impératifs : il désigne quels vaisseaux il faut armer, réparer ou dépecer ; il inspire à son lieutenant général la nomination du ministre de la marine; il ordonne qu’on ravitaille les colonies d'Amérique‘. Déjà, quand il écrit à Decrès, Napoléon fait entrer la future flotte de l'Espagne dans le dénombrement de ses forces navales’. Quelques jours auparavant, il avait chargé Cambacérès de présenter au Sénat la réunion de la

1. Corr. Nap., n° 13898; cf. n° 13881, 13884, 13877 (à Decrès, 13 mai 1808) : « Dans tous ces calculs, je ne fais entrer pour rien l'Espagne, mais l’Espagne sera tellement organisée avant ce temps [octobre 1808], que mon expédition de Toulon en sera augmentée de plusieurs vaisseaux ».

2, Corr. Nap., n° 13906. Cf. n° 13930.

. À Murat, Bayonne, 19 mai, Corr. Nap., n° 13936 et 13937. . Corr. Nap., n° 13952, 13967, 13972, 13998, 14014. . À Decrès, 28 mai 1808, Corr. Nap., n° 14005.

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Toscane comme « nécessaire pour augmenter nos côtes el dès lors le nombre de nos matelots' ».

Depuis la paix de Tilsit, l'Empereur formait en effet les plus vastes projets pour accroître rapidement la puissance navale de la France”. Il voulait avoir des escadres nombreuses dans tous les ports militaires de Hollande, de France, d'Espagne, de Portugal, d'Italie”? ; il proposait à Alexandre T°° de tenter de concert une expédition contre les Indes‘; ül formait le dessein de « frapper un grand coup » dans la Méditerranée : il s'agissait d'occuper l'Égypte, peut-être même Tunis et Alger’, ce qui pouvait paraître plus immédiatement réalisable que la marche d'une armée russe et française sur l'Inde par la vallée de l'Euphrate’. IL s’oceupait activement de secourir les colonies”, et voulait même faire de l'Ile de France le point d'appui d’une forte escadre*.

Ces projets l’entrainaient naturellement à s'occuper des

1. À Cambacérès, 11 mai 1808, Corr. Nap., n° 13846. Cf. n° 13848.

2, Sur tout ce paragraphe, voir notamment : Vandal, Napoléon el Alexandre I, t. 1, p. 177 sq., 220-272, 345-351; Emile Bourgeois, Manuel historique de politique étrangère, K. H, p.317 sq.; Driault, La politique orientale de Napoléon, surtout p. 181 sq., 245 sq, 289 sq., etc.; Corr. Nap., t. XVI et XVII; Lettres inédites de Napoléon I”, éd. Lecestre, t. I". Il est impossible d’énumérer iei par le détail toutes les lettres relatives aux projets maritimes de l'Empereur; voir spécialement Corr. Nap., n°13387, 13493, 13708, 13736 à 13738, 13873, 13936, 13978 à 13982, 13997, 14005. Jamais la correspondance de Napoléon avec Decrès n’a été aussi active qu’au printemps de 1808 (par exemple 42 lettres en mai). Napoléon fut découragé par Pinsurrection espagnole et la capture de son escadre à Cadix : Corr. Nap., n° 14138 et 14161 (A Decrès, 98 juin et 9 juillet 1808), ete.

3. Au Texel, à Flessingue-Anvers, à Brest, à Lorient, à Rochefort, au Ferrol, à Cadix, à Carthagène, à Toulon, à Gênes et la Spezzia, à Tarente, à Venise. Corr. Nap., n° 13997, 1400, etc.

4. A Alexandre [", 2 février 1808, Corr. Nap., t. XVI, p. 498 (en supplément); cf. à Caulaincourt, 2 février 1808, Lettres inédites de Napoléon I‘, éd. Lecestre, n°217.

DNCONT: Nap., ne 19387, 13924, 13760, 13769, 13859, 13908, 13924, 13940, 13997.

6. Corr. Nap., lettre à Alexandre, déjà citée; cf. n° 14207; sur les difficultés du projet et son caractère, voir surtout Vandal, t. I”, p. 226 sq.; Driault, p. 245 sq.; Prentout, L'ile de France sous Decaen, p. 465 sq.

7. Corr. Nap., n° 13154, 13195, 13506, 13598, 138792, 13877, 14095, etc.

8. À Decrès, 13 mai 1808, Corr. Nap., n° 13877 : « Alors j'aurai à l'ile de France 9 vaisseaux de guerre el 15.000 hommes qui, avec 3.000 hommes qui pourraient les joindre, feraient une diversion de 18.000 hommes dans les

colonies espagnoles d'Amérique. Il voulait les soustraire à l'influence anglaise, empècher qu'elles ne se séparent de la métropole, les faire ouvrir au commerce français"; peut-être même avait-il l’arrière-pensée lointaine de s’en faire céder une partie”.

Pour mettre à exécution ces vastes desseins, l'Empereur avait besoin de la flotte espagnole reconstituée : dès Le 27 mars, il écrivait à Louis de Hollande qu'elle pourrait compter bientôt cinquante vaisseaux de ligne”. Il ne comptait pas demander

Indes. Au même moment, j’enverrai mon escadre de Toulon prendre 20,000 hommes dans le golfe de Tarente pour les porter en Égypte. » Cf. n° 14078. Cf. Prentout, L'ile de France sous Decaen, p. 458-494, 626-627.

1. Lettres inédites, éd. Lecestre, n° 254; Corr. Nap., n° 13745, 13858, 13873, 13876, 13890, 13897, 13937, 13943, 13992, 13969, 13991, 13998, 14013, 14055, 14122. CF. de Sassenay, Napoléon T° et la fondation de la République Argentine, Art. 13, 19 et art. réservé du traité signé à Bayonne, entre Napoléon et Joseph, le 5 juillet 1808, dans de Clercq, Recueil des traités de la France, t.W, p. 287-262 : &« Art. réservé. — S. M. l'Empereur garantit à l'Espagne lintégrité des colonies qu’elle possède actuellement. En retour de cet engagement, S. M. le Roi d’Espagne s'engage à permettre, à la paix générale, l’introduction dans les colonies espagnoles des deux Indes d’une quantité de denrées où marchandises françaises qui sera déterminée à cette époque... Les batiments et leurs cargaisons ne devront supporter d’autres charges, ni payer d’autres droits que ceux qui seraient payés par les nationaux. » C'était d’ailleurs Murat qui attirait ici encore l’attention de l'Empereur sur le danger de voir les colonies se soulever à la nouvelle des événements de Bayonne et provoquait les ordres impériaux (à l'Empereur, 8 mai, Corr. Murat, n° 296; 10 mai, n° 299: € Comme tous les vœux sont tournés vers les colonies et qu’il est du plus grand intérêt de prévenir les nouvelles que les Anglais ne manqueraient pas d’empoisonner... »; 14 mai, n° 307; 18 mai, n° 314 : &« Sire, ce qui rend tous les Espagnols raisonnables et dociles au nouvel ordre des choses, west le besoin qu'ils éprouvent généralement de conserver les colonies... »; ete. )

2. C’est ce que l’on peut soupconner (rien de plus) pour Cuba, d’après une lettre de‘ Napoléon à Mollien, Bayonne, 7 mai 1808, lettre qui ne se trouve d’ailleurs, à ma connaissance, que dans les Mémoires d'un ministre du Trésor public, t. I, p.303, n. 1: « .… Répondez-lui et faites-lui connaitre que j'avais appris d’un autre côté ses bons sentiments, que je lui en sais gré, et que, dans les circonstances qui se présenteront, je saurai les mettre à profit pour son bien et celui du service. » (Mollien avait transmis à Napoléon une lettre, dont il ne donne malheureusement pas le contenu, émanée, dit-il, « d’un des premiers agents du Roi dans cette île ».) Napoléon se mettait aussi en frais pour s'assurer le dévouement de Liniers, vice-roi de Buenos-Ayres.

3. À Louis, 27 mars 1808, Corr. Nap., t. XVI, p. 500-5or : « Avec de l’économie et de l’activité, l'Espagne peut avoir 60.000 hommes sous les armes et

au nouvel État vassal de grands secours militaires : il lui permettrait volontiers de réduire l'effectif de son armée et de diminuer les dépenses du département de la guerre’. Mais il pensait exiger de lui, sur mer, tout le concours que ses ressources budgétaires lui permettraient de fournir. Si Napoléon montrait tant d'intérêt pour les finances espagnoles, c’est qu'il comptait bien en régler l'emploi. C’est à peu près uniquement en ce sens que, jusqu'au milieu de mai 1808, il voulait « régénérer l'Espagne ».

Pour lui, régénérer l'Espagne, c'était la mettre à mème d'aider sérieusement la France contre l'Angleterre. Même quand il s'agissait d'expliquer son attitude à un Espagnol, qui pouvait être patriote, Napoléon présentait ainsi les choses : Bernadotte pourrait «en causer avec le général de la Romana, et lui dire que je désire l'avantage de l'Espagne et relever ce pays de manière qu'il soit utile à la cause commune contre l'Angleterre »*. De mème, dans l'importante circulaire que Champagny allait envoyer le 19 juin aux ambassadeurs et ministres de France près des cours alliées”, le dessein de Napoléon devait encore être exposé avec une force singulière.

Le ministre, utilisant les renseignements reçus, dépeignait le triste état financier de l'Espagne en termes énergiques, et ajoutait : € A peine comptait-on trois vaisseaux dans la rade de Cadix, deux au Ferrol, quatre à Carthagènè : on n'avait

50 vaisseaux dans ses ports. » On remarquera que l'Empereur propose ici une diminution de plus de moitié sur l'effectif nominal de l’armée espagnole, lequel était, en mai 1808, de 7.222 officiers el 131.019 hommes, d’après l’état donné en appendice par Arteche, Guerra de la Independencia, t. I‘, p. 546-560,

1. Le traité signé entre l'Empereur et le roi Joseph à Bayonne, le 5 juillet 1808, ne porte qu'à 30.000 hommes le contingent de l'Espagne pour la guerre sur terre (art. 12), tandis que, pour la guerre maritime, l'Espagne devra fournir 50 vaisseaux (art. 13). Dès le 15 mai 1808, Napoléon conseille à Murat de faire passer les troupes espagnoles en France, de licencier les milices, de réduire les effectifs, ete. (Corr. Nap., n° 13885, 13886, 13894, 13895, 13907, etc.). Cf. la circulaire du 19 juin, que nous publions en appendice.

2. À Berthier, Bordeaux, 13 avril 1808, Corr. Nap., n° 13742.

3. Arch. des Aff. étr., Corr. diplom., Esp., vol. 675, f”® 132-141. Nous donnons en appendice cette pièce importante et peu utilisée jusqu'ici, quoique M. de Grandmaison l'ait mentionnée, L'Espagne el Napoléon, p. 236.

aucun MOyEN ni pour en augmenter le nombre, ni pour rouvrir ct approvisionner les arsenaux, ni pour solder les matelots et salarier les ouvriers.

« La politique vacillante et les affections incertaines du gouvernement avaient principalement contribué à cet état de choses, Puissance maritime et engagée dans une guerre de mer, l'Espagne avait négligé sa marine ; en paix avec le continent, elle avait augmenté les dépenses de son armée de terre... C'est ainsi qu'au lieu d’avoir pour unique but de recréer sa marine, afin d’obéir aux obligations de ses alliances continentales et de protéger ses colonies contre l'Angleterre, elle n'avait en vue que le continent et paraissait craindre bien plus ses alliés que ses ennemis. »

La France avait donc dû « mettre l'Espagne dans une position telle que l'intérêt de son gouvernement fût, d'accord avec celui de la nation... non d'augmenter son armée de terre, mais d’avoir de grandes flottes et de s'unir efficacement et sans réserve à l'intérêt du continent... Des vaisseaux se construiront sur tous les points d'après les ordres de Sa Majesté et la guerre, rendant plus difficile et plus lent le rétablissement des flottes du continent, n’en rendra pas moins éclatante et certaine la chute des oppresseurs des mers. »

Soustraire définitivement l'Espagne et les Indes à linfluence britannique, accroître et utiliser la marine de VEspagne, en développant les ressources budgétaires de ce pays, voilà quel est le dessein de l'Empereur ; c’est là et non ailleurs qu'il faut chercher Ie but, la raison véritables de lintervention impériale sous sa forme définitive dans les affaires intérieures de la péninsule.

Mais si ce n’est pas le désir de régénérer l'Espagne qui a conduit Napoléon à intervenir dans la péninsule, il est pour-

tant vrai que, dans la période mème où il montrait un intérêt

sincère pour la marine et les finances de l'Espagne, les événements et le zèle de Murat amenaient l'Empereur à prendre des engagements vis-à-vis des partisans des réformes, à préciser des promesses d'abord vagues et à donner enfin aux Espagnols leur première constitution. On a déjà fréquemment raconté les événements qui se passèrent entre le départ de Ferdinand VII pour Bayonne et l’arrivée du roi Joseph à Madrid; mais on n'a guère montré encore comment Napoléon fut peu à peu amené à se poser en réformateur et à jouer ainsi un rôle qu'il n'avait d’abord guère ambitionné.

Lorsque l'Empereur connait par le détail les événements des 18 et 19 mars, il est bien obligé d'admettre qu'il faut tenir compte de l'opinion publique et faire effort pour se la concilier. Aussi, sachant par exemple que la haine contre le prince de la Paix est presque universelle, s'il donne les instructions nécessaires pour le sauver, il a soin de ne pas prendre ouvertement fait et cause pour lui'. L'Empereur ne marquait pas jusque-là dans seslettres grande préoccupation de ce que pouvait penser le peuple espagnol. À partir d'avril au contraire, il y attache visiblement plus d'importance: il est vrai que, le 9, il n’en parle à Murat que pour déclarer qu'il ne s’en soucie guère”. Mais celte insouciance est feinte et dure peu: Napoléon ne la manifeste plus qu'une fois, dans une lettre du 13 avril’. Dès le 10, on sent qu'il commence à se rendre compte de l'intérêt qu'il peut avoir à ménager l'opinion publique espagnole.

Il écrit alors à Murat: « Vous pourrez déclarer verbalement et dans toutes les conversations, que mon intention est non

1. Corr. Nap., n° 13902 et 13711 (à Murat, 30 mars et 1° avril 1808). Cf. n° 13703, et, dans les Lettres inédiles de Napoléon I", éd. Lecestre, n° 26», 265, 267, 269, 270.

2. « Je vois en général que vous attachez trop d'importance à l’opinion de la ville de Madrid. » Corr. Nap., n° 13730.

3. «Il ne faut pas chercher, ni espérer d'obtenir un grand succès d’opinion, mais se tenir dans une excellente position militaire. » Corr. Nap., n° 13743.

seulement de conserver l'intégrité des provinces et l’indépendance du pays, mais aussi les privilèges de toutes les classes, et que j'en prendrai l'engagement, que j'ai le désir de voir l'Espagne heureuse... » Mais les déclarations que Murat fera en Son nom ne doivent pas être nettes ; l'Empereur ne sait visiblement pas s’il faut chercher la popularité dans le maintien des privilèges et de l'inégalité ou dans une politique de réformes libérales ; provisoirement Murat n'aura qu'à donner des assurances contradictoires : « Ceux qui veulent un gouvernement libéral et la régénération de l'Espagne les trouveront dans mon système. Ceux qui craignent le retour de la Reine et du prince de la Paix peuvent être rassurés, puisque ces deux individus seront sans influence et sans crédit. Les grands qui voudront de la considération, et des honneurs qu'ils n'avaient pas dans l'administration passée, la retrouveront. Les bons Espagnols qui veulent la tranquillité et une bonne adminis- {ration trouveront ces avantages dans un système qui mainüiéndra l'intégrité et l'indépendance de la monarchie espagnole »".

Tout cela n’était pas très net. On a vu plus haut ce que Napoléon entendait par Qune bonne administration »; et il désignait certainement comme «bons Espagnols » les ennemis de l’Angleterre. Il avait coutume de ne considérer les étrangers comme patriotes que lorsqu'ils détestaient ses éternels ennemis. Les bons Hollandais, les bons Américains, c'étaient les Hollandais et les Américains hostiles aux Anglais. Quant à ce qu'il fallait dire à « ceux qui veulent un gouvernement libéral », cela restait trop vague pour être compromettant, surtout lorsqu'on s’engageait en même temps à €conserver les privilèges de toutes les classes » et à satisfaire les grands. Napoléon ne savait évidemment pas encore s’il valait mieux, pour être agréable aux Espagnols, promettre de conserver ou de réformer. I insistait plus volontiers sur son nouvel engagement de respecter l'intégrité et lindépendance du

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