À Murat, Bayonne, 12 mai 1808, Corr. Nap., n
2. Murat à l'Empereur, Madrid, 16 mai 1808, Corr. Murat, n° 312.
3. Murat à l'Empereur, Madrid, 16 et 17 mai, Corr. Murat, n° 312 et 315. Rapports de La Forest, Madrid, 15 et 19 mai 1808, Corr. La Forest, t. I”,
parlant des intrigues des Anglais, de la corruption du gouvernement de Godoy et de la nécessité de tirer plus de parti des ressources financières et maritimes de la péninsule. A partir du 23 mai, date à laquelle la première ébauche du statut constitutionnel partit pour Madrid, l'Empereur put se montrer aux yeux du publie dans le rôle de législateur et de bienfaiteur du pays envahi. Pour mieux faire ressortir la grandeur de sa mission, il s’avisait de singuliers moyens: « Je désire en général », écrivait-il le 24 à Murat, «que des mémoires qui me fassent connaître le désordre et le délabrement introduits dans les différentes branches de l'administration me soient adressés. Ces pièces me sont nécessaires pour publier un jour et faire voir dans quel état de décadence était tombée l’'Espagne..….? » Le lendemain, dans une grandiloquente procelamation aux Espagnols, il disait: «Espagnols, après une longue agonie, votre nation périssait. J'ai vu vos maux, je vais y porter remède ..….. Votre monarchie est vieille : ma mission est de la rajeunir »°. Il se montrait très satisfait de voir les grandes lignes de son œuvre de « régénération » présentées à l'avance au peuple espagnol par la junte de gouvernement de Madrid et par les députés arrivés les premiers à Bayonne‘.
1. Pour Alexandre [*, Napoléon ne donne pour ainsi dire pas d'explication jusqu’en mai. Lellres inédites de Napoléon I", éd. Lecestre, n° 938, 258, 264, 270, 279). Mais, pour le corps diplomatique, Talleyrand doit insister sur la haine de Ferdinand VII contre la France (à Talleyrand, 1° mai, Corr. Nap., n° 13797). Cf. à Fouché, 1* mai, n° 13799 (ordre de désapprouver l’administration de Godoy). Il est vrai qu'aux Portugais Napoléon fait donner une autre raison (à Junot, 7 mars 1808, Lecestre, n° 239) : « Vous ne manquerez pas d’insinuer dans la conversation, mais sans rien ébruiter, que mes différends avec l'Espagne viennent de ce que je ne veux pas diviser le Portugal, dont elle veut donner la moitié au prince de la Paix et Pautre moitié à la reine d'Étrurie... » Sur les explications données au corps diplomatique, cf. correspondance de Talieyrand avec PEmpereur en avril-mai 1808, Arch. nal., AF 1v 1680 (publiée par M. Geoffroy de Grandmaison, Revue des queslions historiques, 1900, L. 68, p. 511-537).
2. Corr, Nap., n° 13972. Les pièces demandées, que Napoléon recut petit à petit, servirent surtout à rédiger le tableau de l’état de l'Espagne placé au début de la cireulaire du 19 juin.