‹ La constitution de l'AndorreChapitre 45 sur 110 · iv-.M · texte numérisé non relu

iv-.M

2. Hrruo ilrs J'i/rriiirs, 1S94. p. 95. 3-4. Ifrr. ,1,'s ï'ijr., 1891, p. 96.

ô. Pp. 48 et 49. '

« puisque ». dit le mandement. « la représentation « de toute société politique, dans ses relations extérieu- « res, est dévolue au chef de l'Etat, et (|uen Andorre « cette représentation nous appartient ».

Par ces quelques faits Ion voit que les représentants de la Mitre sont loin de mériter la palme des martyrs que leur décernent leurs partisans et qu'ils savent pratiquer l'ofïensive avec une faria toute française.

Il semble que le nouvel évêque veuille abandonner la politique fougueuse de ses prédécesseurs pour calquer sa tactique sur celle de la France. Nous avons vu' qu'en 1903 don Laguarda a fait établir à ses frais un réseau télégraphique et, en 1904, une ligne téléphonique unissant les Vallées à la Seo, voulant ainsi lutter de générosité avec notre pays qui a établi le service postal et une ligne télégraphique. Nous ne pouvons que nous réjouir de ce changement de politique et s'il est un vœu ([ue nous formions au sujet de l'Andorre, c'est qu'elle connaisse de longs siècles de tranquillité sous la tutelle pacifique de ses- deux suzerains, enfin amicalement unis pour l'exercice de leurs droits.

§ 5. — L'annexion de l'Andorre

De tous temps on a reproché à l'Andorre de constituer un foyer permanent de contrebande et c'est la plus grande objection que l'on ait faite à son existence indépendante. Déjà, au xvni- siècle, la France et l'Espagne avaient protesté contre ce fléau et il existe des lois andorranes le réprimant : en 189G notamment, le Conseil général rendit une sentence punissant tout contrebandier d'une amende de huit cents pesetas. Mais ce genre de commerce (en Andorre, « commerce » est synonyme de c contrebande ») est absolument passé

dans les mœurs et M. Brutails a pu citer le fait suivant : « Un individu acheta, un jour, un cheval que le vendeur « s'était engagé à introduire en fraude en Espagne ; le (. vendeur s'étant dérobé à l'observation de cette clause, « le bayle le condamna'. »

De nos jours, en France, le département des Pyrénées- Orientales surtout a élevé la voix contre les fraudes des Andorrans qui introduisent chez nous de grandes quantités d'allumettes, d'alcool, de tabac et de cigares: mais la contrebande sur les moutons est la principale cause des réclamations. « Ils achètent en Espagne, à vil prix, « des troupeaux de moutons qu'ils payent en monnaie « espagnole ; ils les font passer en Andorre, les font « accompagner de certiticats andorrans et les réexpé- « dient ensuite en France sans rien payer. Ces moutons « espagnols, faussement estampillés andorrans, sont « revendus sur nos marchés et payés en monnaie « française, ce qui constitue de ce chef seul, pour les « négociants andorrans, un bénéfice de près de 30 %• {( Par suite de cette concurrence illicite, les cours des « moutons français sont fortement abaissés, et encore « les éleveurs les écoulent-ils ditlicilement'. »

Tirant argument de ces divers faits, le Conseil d'arrondissement de Prades ' émit, en 1896, un premier vœu protestant contre l'introduction en franchise des produits andorrans et contre les dépenses que la France se proposait de faire pour la construction du chemin transandorran, reliant les Vallées à notre pays. Puis, le 20 septembre 1897, « considérant que « l'Andorre coûte annuellement et sans aucun profit « une centaine de mille francs à la France, que les

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