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ne mît la main sur l'Andorre, qu'elle tiendrait déjà en sa puissance au point de vue douanier.
C'est aussi dans un but d'annexion que le gouvernement espagnol a nommé un vice-roi d'Andorre ; on ne voit pas trop sur quoi il a pu se baser pour créer ce fonctionnaire qui n'a aucune autorité officielle dans les Vallées, car les droits d'administration et de contrôle qu'exerce le pouvoir central sur le district d'Urgel ne l'autorisent en rien à faire cette nomination.
7. Si l'on considère la politique générale de l'évêque, l'on voit qu'elle se l'ait un peu par à-coups ; mais il y a toujours un principe directeur : le désir de la domination. Et, comme on repousse ses prétentions au point de vue de la souveraineté exclusive, il voudrait, au moins, qu'on le reconnaisse comme le suzerain de la France, qui est sa vassale, si l'on se réfère à la collection de chartes, fabriquées de toutes pièces dans les archives épiscopales et contre la fausseté desquelles s'est élevé M. Brutails.
En 1882, par exemple, la Mitre a fait savoir à un notaire des Vallées, nommé par la France, qu'il fallait, pour que ses actes acquièrent de la valeur, qu'il se fasse donner un titre émané de l'évêché. Le notaire considéra comme nulle cette réclamation, qui n'eut pas de suite ; mais elle montre une tendance qui se retrouve dans tous les actes épiscopaux relatifs à l'Andorre. De même, l'évêque a revendiqué parfois le droit de trancher seul les procès civils en troisième instance, notamment en 1888 par l'intermédiaire du juge des appellations, qui était alors Espagnol.
Somme toute, c'est toujours le prélat de la Seo qui essaie d'empiéter sur les prérogatives andorranes et la France, jamais. C'est précisément l'observation qu'ont faite les habitants et les menées de la Mitre, ayant pour but sa domination sur le Val, ont eu le résultat op-
posé, c'est-à-dire le triomphe de l'influence française.
8. Nous avons vu' qu'en 1893 l'évèque don Salvador Casanas a protesté contre l'établissement dune ligne télégraphique reliant les Vallées au réseau français et qu'il a même conseillé à la population de « se révolter (( contre la domination illégale de la France" » Pour cela, il a convoqué « les consuls des six paroisses « d'Andorre et les a suppliés de protester contre les (( prétendus empiétements de la France et d'ordonner « la démolition de la ligne télégraphique construite par « le gouvernement français : à l'unanimité, les délé- « gués des six paroisses ont refusé de détruire le télé- « graphe et de suivre les conseils du prélat espagnol' » Le Conseil général, convoqué en session extraordinaire. « non seulement s'est prononcé contre la destruction « du télégraphe, mais encore a édicté des peines très « sévères contre ceux qui couperaient les fils, renver- « seraient les poteaux ou dégraderaient, si peu que ce « soil, la ligne télégraphique. 11 a décidé, déplus, que « les communes de l'Andorre seraient responsables des « dégâts qui pourraient être commis à la ligne télégra- « phique* ».
Tri a été le résultat du iii(tiiuiiri<niit'tito épiscopal.
0. En 1895 enlin. ce fut. nous l'avons vu', sur l'intervention (le l'évêciue d'I'rgel que le Sénat Espagnol rt'fnsa les immunités douanières que sollicilait l'Andorre. C'est à ce moment-là (|ue, par un mandement resté célèbre dans les N'allées, don Casanas. reprenant la Ihèse de Catalan de Ocon. soutint (|u'il était seul souverain de l'Andorre et (|u'à ce titre c'était lui (jui devait être chargé de transmettre aux gouvernements (en fait le gouvcriicMH'nl espagnol) les re(|uêles des Vallées,