II. Douchet, loc. cit., p
quelles on est soumis en passant dun pays dans un autre, on a construit une route neutre allant de Llivia à la frontière espagnole. « Ce chemin a les avantages « attachés jadis aux bois sacrés. Il est pour les Lliviens (( un lieu d'asile... Aussi la contrebande est-elle la « principale ressource de ces agriculteurs qui pasce sent leur temps entre deux frontières, sur une « route d'une neutralité complaisante, en fumant « indifféremment les puros espagnols ou les cigares « de la régie française^ ».
Voilà pourquoi les habitants des Pyrénées-Orientales se plaignent de la contrebande : ils reçoivent, à jet continu, des produits espagnols non soumis aux droits de douane et il leur en vient non seulement de l'Andorre, mais aussi de Llivia : imle irac, d'où des colères et des plaintes : c'est la neutralité de ce chemin que M. Douchet veut supprimer.
Comme compensation à l'Espagne, M. Douchet propose « la substitution pure et simple de son gouver- « nement au gouvernement français dans l'exercice de
« l'administration intérieure des Vallées La France
« devrait naturellement exiger l'engagement qu'il ne « serait pas élevé de fortifications dans le pays, et « que les troupes espagnoles ne pourraient s'y trouver « qu'en quantité sutllsante pour sutlire aux besoins de « la police intérieure. »- par analogie, sans doute, avec la Convention de 1660 qui prend les mêmes précautions pour le « bailliage » de Llivia.
11 nous paraît impossible d'accepter la proposition de M. Douchet et cela pour cin([ raisons :
1° Avec l'annexion de l'Andorre à l'Espagne, les antiques droits des comtes de Foix sur les Vallées disparaîtraient à jamais : do longs siècles de paix s'è-
1. Emmanuel HatoIN, l'nc riUi' rspai/iinh' en Fnnirt' ; lin- ne (1rs Pi/n-nrrs, 1894, p. 54.