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ne sont pas fréquentés, malgré la modicité du prix demandé.
(11°) Ecoles do lilles. — Les tilles, autrefois, étaient instruites par leurs parents (c'était là le cas le plus ordinaire), ou, si leur état de fortune le leur permettait, elles allaient dans un couvent passer deux ou trois ans. Aujourd'hui, ce sont des religieuses espagnoles, de la congrégation de la SagraJa Familia, qui sont chargées de cet enseignement à Encamp. Canillo, Andorre et San-Julia ; elles reçoivent un double traitement : 1° chacune de ces paroisses leur donne de trois à quatre cents pesetas par an ; 2° les élèves leur paient une certaine somme par mois.
11 y a, en outre, des institutrices laïques, notamment aux Escaldes et à la Massane.
Les comtes de Foix ayant créé, à Toulouse, un collège dit de Foix ou de la Vache (à cause des armes du Béarn), un cardinal de cette maison, Pierre d'Albano, y fonda deux bourses en faveur des étudiants andorrans ; ce n'est qu'avec la suppression de cet établissement que ceux-ci ont cessé d'en jouir. En 18G0, à la suite d'une demande du Conseil général, ce droit fut de nouveau rétabli et c'est le lycée de Tarbes qui reçut les deux boursiers de la Vallée. Continuant cette tradition, la France a actuellement deux boursiers à Perpignan et deux boursières à Béziers : elle a fondé trois écoles françaises dans les Vallées, l'une à Encamp, dirigée par un instituteur, les deux autres par des institutrices, à Andorrela-Vieille et à San-Julia : enlin elle donne une subvention annuelle de cent cinciuaiile francs à l'instituteur andorran des Escaldes pour quil enseigne le français à ses élèves.
Le parti épiscopal s'elTorce de détourner les habitants de ces écoles françaises, car il sent bien (jne. si notre langue se répand dans le pays, la domination de la
Seo, qui a déjà reçu de si rudes attaques, aura vécu.
A raison de la modicité du traitement tl du manque de stabilité de la situation des instituteurs, aucun maitre français ne se présente et tous les candidats sont d'origine espagnole. La conséquence c'est que la seule langue enseignée est le castillan ; partant, l'Andorre semblerait devoir s'espagnoliser. Toutefois la France n'a rien à craindre de ce côté-là : avec des maîtres aussi mal recrutés, les résultats sont loin d'être brillants.
Bien que l'instruction ne soit pas obligatoire, les illettrés sont beaucoup moius nombreux qu'autrefois : il y a quinze ans, il y en avait environ quatre-vingts pour cent. Aujourd'hui la proportion est renversée et sur cent jeunes Andorrans, quatre-vingt-dix savent lire et écrire. Les habitants des Vallées commencent à comprendre que ce qui leur manque, c'est l'instruction ; il leur reste encore beaucoup à faire. Ainsi que le dit M. Rossignol « ils ne sont pas des illettrés comme ils « l'étaient il y a dix ou douze ans ; mais, à moins qu'ils « n'aient étudié en France, ce sont des ignorants. »
Pour conclure, il y a aujourd'hui en Andorre, en laissant de côtelés cours intermittents : 1. huit écoles de garçons, dont une française : 2. huit écoles de tilles, dont deux françaises. Ces diverses écoles, en y comprenant celles des hameaux qui fonctionnent seulement pendant l'hiver, ont reçu, en 1902-1903, environ huitcent-vingt-cinq jeunes Andorrans'. Sur six mille habitants, c'est déjà un très beau résultat, surtout si l'on compare cette situation à celle de la République de Saint-Marin ou, sur une population d'environ onze mille Ames, le nombre des élèves, fréquentant les douze écoles primaires du pays en 1902-1903, était seulement de six cent dix-sept *.