‹ La constitution de l'AndorreChapitre 82 sur 110 · J. Brissaud, lor. cit., p · texte numérisé non relu

J. Brissaud, lor. cit., p

4. On construit actuellenicnt une route ri'li.iiil l.i I'i'.imcc ;'i 11'>pa^rno à tra^•ers l'AïKlorrc.

Ô. BrUTAILS, /.". CoUliiiiK' ilWiiiInrrr |i. 1 l.

Chaque paroisse entretient ses chemins et c'est le Syndic qui est chargé de veiller à ce qu'ils demeurent en bon état. S'il y a lieu d'elïectuer des réparations, les consuls, prévenus parles soins de la Syndicature, ordonnent à un homme par maison de venir travailler à leur amélioration et cet ordre est maintenu et répété jusqu'à ce que les routes soient en meilleur état. La coutume a établi qu'en cette matière un privilège spécial serait accordé au chef de l'Etat : il est le seul Andorran exempt de ces travaux, à raison de l'importance de ses fonctions. Ce système rappelle celui de l'impôt français des prestations où il y a, bien qu'il soit en principe payable en argent, une facultas solutionis permettant au contribuable de s'acquitter en nature par des journées de travail.

Ce sont en grande partie les riverains qui sont chargés d'entretenir les chemins. Un décret du Conseil général, du 27 mai 1879, établit que, dans la majorité des paroisses, le propriétaire du fonds supérieur est chargé de débarrasser la route des pierres et de toutes les réparations rendues nécessaires par l'existence de sa propriété ; quant au propriétaire inférieur, il a comme obligation l'entretien du mur de soutènement et un recours lui est donné contre les auteurs du donmiage au cas de dégâts faits à ce mur ; (lo dueno mal poscsio radiai sobre lo cami esta obligat en espedreyarlo y fer en ell las reyaracions a que la sua posesio paya dar lloch, // lo dueno de la posesio de perbai.r lo eawi a sostenir la paret de la part de désola).

(11) Les Comuns concèdent les mines et les eaux sous le contrôle du Conseil général.

l? Instruction publique. — L'instruction publique ne rentre pas dans les attributions du Conseil général : ce sont les paroisses qui sont chargées de l'organiser dans leur territoire respectif. La Reforma a imposé à cha-

cune d'elles l'obligation d'avoir un instituteur et une institutrice (un mestre de noys y una mestra de noyas); tel est le principe posé par la loi.

(P) Ecoles de garçons. — L'instruction était autrefois donnée par les ecclésiastiques ; il en est encore ainsi à Ordino, où le vicaire reçoit un supplément de traitement de 185 pesetas en sa qualité d'instituteur.

Ils cherchaient « moins à instruire au sens large du « mot qu'à faire réciter par cœur le catéchisme et quel- « ques prières » '. L'instruction était donc peu répandue et cela se conçoit chez un peuple pasteur; il faut voir là, peut-être, la cause du maintien des antiques traditions dans les Vallées, alors qu'autour d'elles tout le passé s'écroulait à la voix des apôtres de la Révolution. 11 y avait pourtant quelques paroisses où l'on enseignait le latin, du moins les premiers éléments ; mais seuls l'apprenaient (et ceci fait ressortir le caractère aristocratique de cette République; les jeunes gens qui. à raison de la situation de leur famille et de leur droit d'ainesse, devaient être appelés un jour à occuper les premières fonctions du pays ou qui se destinaient à l'état ecclésiastique.

Depuis une vingtaine d'années, l'organisation de l'instruction publique, comme tout en Andorre, a changé, et cela, à la suite des troubles occasionnés par la question des jeux, en 1881: il semble que cette alïaire ait eu pour résultat de galvaniser le pays et de lui montrer que, seul, au milieu des autres nations, il restait sourd à la grande voix du progrès. Aujourd'hui, à part Ordino, les cinq chefs-lieux de paroisse et quelques viUages ou bourgs en dépendant possèdent un maître laïque : c'est ainsi que le cuart des Escaldes, une des deux sections d'Andorre-la-Vieille, a un instituteur.

1. <i. ItoSSIUNOL, AniiKiiirr ilf l'i-iisfii/ nrnunl nri uni iri\ l'.IOl.

Il faut distinguer deux sortes d'écoles' : I. les unes sont permanentes et durent toute l'année : ce sont les sept écoles existant dans les chefs-lieux des six paroisses et aux Escaldes ; II. les autres ne s'ouvrent que pendant l'hiver dans les hameaux bâtis sur les hauteurs; durant cette saison, il est impossible que les enfants habitant la montagne se rendent à l'école paroissiale ; elles sont tenues par des instituteurs de rencontre, c'est-à-dire par des individus sachant à peu près lire, écrire et compter. Il y a, pour les payer, divers systèmes selon les communes; nous en citerons trois principaux : 1° ils sont rétribués par le cuart, à raison de quarante pesetas par mois environ ; 2° ou par les élèves : une peseta par personne et par mois ; 3° enlin, partie par le quartier, partie par les familles 'des élèves qui leur restituent en aliments matériels la nourriture intellectuelle ([u'ils donnent aux enfants.

Quant à l'instituteur ofliciel, il est payé par la commune, mais il n'est pas logé ; elle le loue soit à l'année, soit au mois : a) pris à l'année, il reçoit en principe huit cents pesetas, mais la moyenne est de sept cents; b) au mois, il touche de soixante-cinq à soixante-dix pesetas ; ce genre de contrat, qui est une économie pour la paroisse, vient de ce qu'il est rare de voir les écoliers andorrans fréquenter les classes de juin à novembre. Il y a, en somme, cinq mois de vacances et sept mois de cours par an.

Les paroisses ont compris que ces modiques appointements étaient insufiisants pour faire vivre les mestrcs et, afin d'améliorer leur situation, elles leur ont permis d'organiser des cours d'adultes payants: le prix est de une peseta par mois et par personne et le maître doit faire classe deux heures par jour. Malheureusement, à raison du peu de fortune des Andorrans, ces cours

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