‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 101 sur 163 · LES DERNIERS CHANGEMENTS SURVENUS DANS LA CONSTITUTION · texte numérisé non relu

LES DERNIERS CHANGEMENTS SURVENUS DANS LA CONSTITUTION

Dans les notes jointes au texte des douze livres, j'ai indiqué certaines directions nouvelles imprimées, depuis 1864, aux idées, aux mœurs et aux institutions de l'Angleterre. J'ai surtout insisté sur les changements qui semblent fortifier ou affaiblir l'admirable constitution de ce pays. Pour faciliter au lecteur le contrôle des jugements émis à ce sujet, je vais résumer les faits essentiels qxii les appuient. Dans ce travail complémentaire, j'ai voulu atteindre un double but : offrir, en ce qui touche Futilité pratique de cet ouvrage, une l)i8ire de touche aux autorités compétentes, qui n'auront point tout d'abord le temps de le Ure, mais qui pourront concevoir le désir de le consulter plus tard (abrégé d'Observations préliminaires, t. P^ après la préface, §1®^; signaler, par le grand exemple de l'Angleterre, aux hommes qui veulent réformer l'Occident , les principes

à suivre, les écueils à éviter, les modèles à prendre et les auxiliaires à rechercher.

lVccroissement de la prospérité depuis dix siècles

La prospérité continue à se montrer par des symptômes qui frappent tous les yeux. La population augmente , les territoires coloniaux s'étendent, Tagriculture devient plus productive^ les manufactures développent leurs opérations, le pommercô exporte des quantités çpûi&aaQtes de produits, les richesses s'accumulent dans les foyers domestiques et les ateliers de travaili Les œuvres de VinteUigence se multiplient comme les élaboratious de la matière. Enfiu les classea dirigeantes qui , par leurs divisions , ont infligé tant de m§tux à la patrie , aux époques des Deuxt Roses , des dissensions religieuses e\ des révolus tions politiquesdu xyii^ siècle , restent, depuis 1^ réforme opérée sous Georges III , dans une paix profoncie.

LES QUATBE ÉLÉMESTS INVABUBI^BS PB Li GPHSTITUTIOI}

Excepté à trois coiirtes époques de souffrance, la prç^périté n'a pas cessé de grandir depuis dix siècles. Cettfi continuité do^t êtrçi attrijjwéçi ^\^x

éléments de la constitution qui ont toujours été incorporés à la pation pendant ce long intervalle, et qiii ont fait leur œuvre pendant que les autres tombaient dans la corruption. Ces élépaents invariables!, dont j'ai indiqué l'action dans toutes les parties de cet ouvrage , sont aij noçabre de quatre, savoir : 1° l'autorité paternelle guidée par la religion et les coutumes ab intestai, sanctionnée par le testament, imposant la loi 8m corps spcial en créant chaque jour la coiitume , veillant à rapplicatiop de cette loi par rinstitution 4n jury, conservant daps les foyer^ domestiqiies l'amour des ancêtres, et les traditions du travail", 2*^ une puissante hiérarchie, patturellement sortie dps familles -souches, appuyée sur la propriété foncière , désignée au respect de tpus par les vertus du Gentleman , cou- ^opnée par la vraie noblesse ; 3° une inonarchie héréditaire ^ , sputeniie et contrôlée par la hiérarchie nationale: ¥ enfin, l'alliance de la religion et de l'État, subordonnant à la loi de Dieu tous les éléments de la vie publique et formant ainsi la clef de voûte de l'édifice social.

Cette conclusion sur le principe de la çonsti-

^ Parmi les quatre éléments invariables de la eonsiiiuiiop, la ipopfirckie seuld ^ fait mogientanément défaut. Pendant onze ans elle fut remplacée par le Protectorat ; mais elle fut restaurée, dès qu'il eut été constaté que cette suprême fonction ne pouvait être transmise héréditairement dans la descendance de Gromvell*

tution anglaise n'est guère répandue chez les peuples qui pourraient puiser dans cette constitution d'utiles enseignements. Elle est généralement méconnue par deux classes d'écrivains qui ont souvent exercé une action prépondérante sur les idées du Continent. Les premiers donnent le change à l'opinion en élevant au rang de principe supérieur « la liberté politique » qui n'est qu'un résultat fort enviable des quatre éléments constitutifs. Ils exagèrent l'importance de la forme spéciale de contrôle que les Anglais exercent aujourd'hui à l'aide du parlement; et ils exposent ainsi à de grands dangers les peuples qui , en raison même de leur état maladif, ne peuvent attribuer autant d'importance à ce moyen d'action d'un peuple sain. Les seconds sont encore plus éloignés de la vérité : ils attribuent la supériorité présente de l'Angleterre à l'organisation physique de la race anglaise. A ce point de vue la prospérité ou la souffrance se transmettent fatalement avec le sang : et , comme le plus pur dévouement resterait impuissant devant une telle cause première, les peuples souffrants seraient condamnés à une irrémédiable infériorité. La discussion de ces opinions contradictoires ne pourrait entrer dans le cadre de cet ouvrage; mais il serait utile qu'elle fût entreprise par les personnes qui voudront bien concourir au perfectionnement de la seconde édition.

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