PIEGE I — DANGERS DU NATURALISME ALLEMAND
ger est atténué jusqu'à présent en Angleterre par la sagesse des classes dirigeantes ; mais, chez les peuples du Continent livrés aux révolutions périodiques, il est devenu une cause permanente de catastrophes (VI, II, n. 8).
J'ai souvent tenté de mettre en lumière le néant de cette prétendue science, qui a dans les États allemands son foyer principal; mais j'ai tit>ujours rencontré le même obstacle. Après avoir dressé, avec une impartialité scientifique, le précis des théories sociales émises par les adeptes du naturalisme, je me âuis chaque fois trouvé en présence de propositions si ofbnlradictoires entre elles, si évidemment condam- /nées par l'expérience universelle et le bon sens le plus vulgaire, que je n'ai pu me résoudre à publier ces résumés; et, dans les cas rares où j'ai cru devoir passer outre, j'ai déclaré que je me tenais prêt à remplacer ma citation par un texte de même étendue qui exprimerait mieux la pensée de l'auteur critiqué*. J'incline de plus en plus à ne point me départir de cette réserve : je sais que, par une analyse captieuse quoique lillérale, on peut dénaturer la vraie pensée des meilleurs livres ; et, tout assuré que je suis de ne jamais mériter une telle accusation, je n'ai point voulu donner prise aux discussions interminables qu'elles soulèvent parfois sans aucune utilité pour la science.
Il importe cependant que tous les hommes éclairés se mettent en mesure de repousser, avec l'énergie des
1 L'Organisation du travail, % 39, note 4.
't90 DOCUMENTS ANNEXÉS
convicfions personnelles, les erreurs du naturalisme. A ce sujet, je conseille trois sortes d'études qui correspondent à l'étendue des loisirs que chacun peut y consacrer.
Ceux qui disposent de beaucoup de temps et qui connaissent la langue allemande trouveront dans les librairies spéciales qui s'organisent, même en dehors des États allemands, une abondante collection des erreurs du naturalisme. Ils constateront bientôt que les moyens de réfutation sont généralement fournis par les auteurs eux-mêmes.
Ceux qui ont moins de loisirs et qui sont plus familiers avec la langue française, peuvent se borner à lire Touvrage dont je donne ici Tindication détaillée. — « Force et matière : éludes populaires d'histoire et de (( philosophie naturelles, par Louis Buchner, docteur « en médecine. Ouvrage traduit de Tallemand avec « l'approbation de Tauteur; seconde édition, revue « d'après la huitième édition de Tallemand. 1 vol. « in-S*», 1865; Leipzig, T. Thomas, libraire-éditeur; « Bruxelles, C. Muquart ; Paris, C. Reinwald. » — Cet ouvrage me paraît très-propre à conduire le lecteur vers le but indiqué : il a obtenu en Allemagne uh grand succès; il cite souvent les opinions des principaux auteurs de la spécialité, et il met ainsi le lecteur à même de se procurer des informations plus étendues ; il signale surtout avec éloge MM. Baumgacrtner, Burmeister, Cotta, Czolbe, Feuerbach, Giebel, Huschke, Loewenthal, Lotze, Moleschott, MuUer, Orges, Rossmaess- 1er, Strauss, Vogt^ Wagner, Zimmermann, etc. — M. Li Buchner a pris, pour épigraphe de son ouvrage,
PIÈCE I — DANGERS DU NAtURÀLISMË ALLEMAND t«l
ce texte d'un auteur anglais M. Charles Dickens : NoWy what Iwant, is « facts ». Ce même texte peut être plus justement adopté pour point de départ de la réfutation.
Enûn ceux qui ne peuvent consacrer à une telle lecture aucune partie de leur temps pourront méditer utilement sur les passages suivants que j'extrais , en les groupant sous trois titres et en citant les pages , du livre de M. L. Bûchner.