‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 32 sur 163 · CH. XIV — LES COMMUNAUTES MIXTES · texte numérisé non relu

CH. XIV — LES COMMUNAUTES MIXTES

sation rurale, celle où chaque famille, établie au centre du domaine qu'elle cultive, a sur ce domaine l'emploi de tous ses bras , le voisinage est considéré comme le complément nécessaire de la vie domestique : chaque famille , loin d'être gênée par ses voisins les plus proches, regrette souvent que la trop grande distance des foyers ne donne pas satisfaction aux besoins d'assistance mutuelle et de sociabilité ^ Il en est autre^ ment dans les cités. L'établissement des habitations, l'usage du sol, de l'air et de la lumière, l'écoulement des eaux pluviales , l'entretien des animaux domestiques, la formation des déjections ménagères , enfin le contact trop intime des voisins entraînent des difficultés sans cesse renaissantes. C'est pour les atténuer autant que possible que les officiers publics des cités, décrits au chapitre précédent, enlèvent aux familles une foule de libertés qui, dans les campagnes, restent inséparables de la vie privée.

Entre les régions agricoles à foyers épars et les agglomérations urbaines exclusivement vouées au commerce ) on rencontre, sous le nom de

^ Dans la constitution actuelle de TAngleterre, la distance des habitations d^agriculteurs , appartenant à eettt catégorie et cultivant 2A hectares , s'élève moyennement à 525 m. Cette distance est indiquée par un calcul géométrique, quand on considère les domaines comme formés d'hexagones juxtaposés , avec habitations centrales.

villes, de bourgs et de villages, des localités qui participent à la fois des unes et des autres. En Angleterre, les Market-towns (VIII) offrent le type le plus ordinaire de ces communautés mixtes. Elles sont le lieu habituel de réunion où s'échangent les produits agricoles de la région environnante; et c'est en vue des besoins de cette région ou de la nature de ses productions , qu'elles organisent la plupart de leurs métiers et de leurs commerces. Les familles qui s'y agglomèrent , se rattachent par leurs occupations à la vie rurale du comté ; elles ont intérêt à relever des mêmes pouvoirs et à jouir des mêmes libertés. D'un autre côté , vu la contiguïté des habitations , elles s'imposent volontiers plusieurs contraintes de la vie urbaine.

D'anciennes coutumes , qui ont grandi comme les communautés mixtes, avaient pourvu jusqu'à ces derniers temps à leurs besoins spéciaux*;

* Je peux même dire qu'en beaucoup de lieux Paccord intelligent des familles avait devancé ceâ besoins. En 1836, lors de mon premier voyage en Angleterre, j'ai souvent admiré des communautés où les habitations étaient séparées des voies publiques par de petits jardins , clos par des haies vives ou des sauts de loup. Ces voies avaient cependant tous les caractères des rues urbaines : elles étaient soigneusement entretenues et nettoyées, pourvues de caniveaux pour l'écoulement des eaux, bordées de trottoirs et éclairées au gaz. Parfois même ces communautés se réservaient des vues pittoresques ou des lieux de promenade et de récréation. — F. L-P.

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