CHAPITRE l
l^ nSFlNlTlOdN DE U. PHOVINGR
Dana les ilea BritaniiiquaB, comme (^ez les autres grandes naticof^s de l'Occident, les pro« Tinces se sont peu à peu constituées sous des in« flùences analogues. Des population» rurales ou urbaines^ d'aboird indépendantes, parfois bos« tUes , ont senti le besoin de se soustraire aux inconvénients que faisait peser sur elles Tétat d'isolement et d'antagonisme. C'est ce qui arriva, par exemple en Occident, pendant la période d'organisation du moyen âge. Sollicitées et agitées par ce bcssoin, les populations ne trouvèrent le repos, ou plutôt l'état d'équilibre au milieu d'impulsions opposées, qu'au prix de longs efforts. Elles n'atteignirent le but qu'après avoir fermé les petites nations qui depuis lors sont devenues pour la plupart les provinces des grands États. Ces nations jouirent d'un bien- être relatif
qui se conserve encore chez plusieurs, d'entre elles. Deux causes principales leur procurèrent ce bienfait : le respect accordé aux commandements de Dieu; les enseignements d'un culte unique , assurant à chaque nation des garanties contre une injuste agression des nations voisines. Sous cette même influence , la paix intérieure fut affermie par trois sortes d'institutions qui n'auraient pu se développer, avec la même efficacité, dans des circonscriptions territoriales moins étendues : par de hautes cours de justice réglant pacifiquement les conflits d'intérêts; par de grandes écoles donnant l'unité d'impulsion aux coutumes de la race, comme aux idées, au langage , aux manières et aux mœurs de la classe dirigeante; enfin par le contrôle d'une souveraineté assez puissante pour réprimer les attentats contre l'ordre public, assez rapprochée des familles pour aider les parents à conjurer, sous l'autorité du bon exemple, l'éclosion du vice et de l'erreur.
Aux approches de la Renaissance , les petites nations ont vu souvent cette heureuse situation compromise à l'intérieur , et surtout au dehors , par l'oubli de la loi morale. Elles ont reconnu la nécessité de renoncer à leur autonomie politique, soit pour mettre fin à des guerres ruineuses, soit pour obtenir la protection d'un souverain juste ou puissant ; mais en se réduisant à la condition de province annexée , elles ont tenu à con
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server leur autonomie sociale. Des stipulations expresses leur ont réservé le bienfait des trois institutions qui permettent à chaque société d'assurer elle-même, sur son territoire et selon ses propres convenances , le règne de la paix. Les États les plus prospères et les plus estimés de notre époque sont ceux qui ont le mieux respecté les stipulations de ces annexions volontaires. Quant aux Etats qui se sont agrandis par la force, malgré la répugnance des populations, ils ont eu rarement à se féliciter de leur apparent succès; et si quelques-uns ont guéri, à l'aide du temps, les maux engendrés par ces annexions forcées, c'est en violant le moins possible les droits traditionnels de la religion , de la propriété et de la famille. L'Angleterre, province-maîtresse de l'union britannique, a donné, en cette matière, l'exemple du bien et du mal : dans ses rapports avec l'Irlande elle a eu souvent recours aux plus déplorables abus de la force ^ ; au contraire , dans ses rapports avec l'Ecosse , elle a montré parfois, notamment au xviii® siècle , des preuves honorables de son respect pour la foi jurée (X, rv).
1 Voir, par exemple , à la fin de ce tome , la Pièce III des Documents annexés.
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