‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 51 sur 163 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LA DÉFINITION DE l'ÉTAT

-Un État est un ensemble de territoires où les familles, comme les autres groupes d'individus, s'accordent pour recevoir d'une même souveraineté le bienfait de la paix sociale.

Dans une organisation parfaite de l'État, la souveraineté n'aurait qu'une seule mission : conserver la paix* dans chaque famille et dans

^ C'est ce que constatent les Anglais lorsque, pour désigner le but du gouvernement, ils emploient l'expression The king*speace, la paix du roi.

cha(jue localité. Conformément au principe indiqué ci- dessus (IV, iv), la souveraineté remplit une tâche qui peut se résumer en termes fort simples : elle doit assurer le règne du bien en s' appuyant sur le Décalogue éternel enseigné par Dieu au premier homme, et sur les pratiques de cette loi suprême transmises, sous forme de coutume, par la tradition des peuples prospères.

En fait, cependant, la mission de la souveraineté a toujours été plus complexe ; et il en est encore de même aujourd'hui. Dans les États que nous sommes réduits, faute de mieux, à prendçe pour exemples , le vice originel se transmet plus facilement que la loi divine : les gouvernants n'ont pas seulement à conserver le bien ; ils ont aussi à réprimer le mal; et il suffit de se reporter au livre précédent pour entrevoir la tâche immense que cette répression leur impose chez les Andais.

Pour rester dans la réalité des hommes et des choses, il faut donc définir ainsi un État bien organisé : c'est l'ensemble des territoires, où les gens de bien ont le droit de compter sur « la paix du souverain » ; où ils ont le devoir de venir en aide aux auxiUaires de la souveraineté, dès que cette paix est troublée par les méchants.

CH. m — LES ÉLÉMENTS DE L'ÉTAT 1««

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