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enleva aux Celtes de la Grande-Bretagne toute chance de reprendre la souveraineté sur le territoire de leurs ancêtres. Mais pendant longtemps ces races belliqueuses continuèrent à porter la guerre sur le sol anglais; et l'on y vit encore, en 1745, après une bataille heureuse, entrer une armée de montagnards parlant la langue des Scots et des Pietés. Cependant au milieu d'innombrables péripéties, les éléments de la paix sociale ne cessèrent pas de s'y multiplier et de s'y affermir. Plusieurs causes établirent successivement la concorde dans les esprits et élevèrent, sous ce rapport , la Grande-Bretagne au rang des modèles européens. Parmi ces causes figurent surtout : l'invasion des Normands (de Neustrie), qui introduisit en Angleterre la force du régime féodal et l'unité du pouvoir souverain (1066- 1088) ; l'avènement des Tudors , qui rallia définitivement l'esprit gallois à l'unité anglaise (1422); le mariage de Jacques IV, roi d'Ecosse, et de Marguerite, fille d'Henri VII, qui infusa le sang anglais à la race des Stuarts (1503) ; l'avènement de Jacques VI au trône d'Angleterre, sous le nom de Jacques I®'^, et par suite, pour les Anglais , la conquête effective de leurs anciens rivaux (1603) : l'acte d'union qui corrobora la communauté du pouvoir royal par celle du pouvoir législatif, en accomplissant la fusion de l'ancien parlement d'Ecosse et du parlement anglais sié-
géant à Londres (1707) ; enfin la réforme morale amenée, après les revers de la guerre d'Amérique, parle bon exemple de Georges III, l'œuvre politique d'Edmund Burke et l'œuvre littéraire de Samuel Johnson (1783).
Depuis le commencement du xix® siècle , TÉcosse est aussi dévouée que l'Angleterre ellemême à l'État britannique. Ce résultat est dû surtout aux deux dernières causes ci- dessus signalées, c'est-à-dire à la loyale exécution de l'acte de 1707 par des classes dirigeantes rentrées sous la loi de Dieu. Cet acte , en effet , repose sur les principes qui ont toujours cimenté, par l'entente des esprits et l'accord des intérêts, l'annexion d'une province à un État puissante II se résume en cinq points principaux. — Les deux royaumes réunis sous le nom de Grande-Bretagne ont un seul parlement. L'Ecosse y est représentée par 69 membres. A la chambre des pairs , elle envoie 16 membres élus à vie par les héritiers des anciens pairs écossais. A la chambre des communes, elle députe 53 membres élus, savoir : 30 par les comtés et 23 par les Boroughs. — Il y a égalité de droits entre les citoyens des deux royaumes ; uniformité dans les poids , mesures et monnaies ; identité dans les lois régissant le commerce, la douane et l'Excise. — Si l'Angle-
* La Réforme sociale, 66, iv et v.
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terre lève une taxe foncière représentée par 4000, rÉcosse lèvera une taxe représentée par 24. — Les souverains, à leur avènement, jurent de maintenir sans altération TÉglise presbytérienne et les quatre universités d'Ecosse. — Les coutumes , les lois et les institutions municipales de rÉcosse sont conservées ; le parlement peut les modifier en vue de l'intérêt public; mais les droits de propriété * et les autres droits privés ne peuvent être modifiés que pour Futilité évidente du peuple écossaise
La sincérité de l'union établie entre les deux royaumes se reconnaît à un caractère saisissant : en Ecosse comme en Angleterre ,* la paix sociale est maintenue presque partout par des constables non armés, portant seulement une baguette, symbole de l'autorité publique (VIII, viii) *.
' L'Angleterre a respecté les droits privés des Écossais , même après les rébellions de 1715 et de 1745. C'est ainsi que les substitutions perpétuelles, abolies par la loi en Angle<terre, se maintiennent chez les Ecossais; car ceux-ci n'ont point encore déclaré, par les voies légales, que cette abolition serait pour eux d'une utilité évidente. 1= ^ La loi de 1870, qui a organisé en Angleterre les écoles publiques élémentaires (V, v), a été étendue sans difficulté à TÉcosse en 1872. in * Voir, dans la Réforme sociale, chàp. 59, les §§ intitulés : L'Ecosse, l'union des races fondée sur l'autonomie provinciale. — L'acte d'union de 1707. — L'Église presbytérienne. — Les institutions de la vie privée. — Le gouvernement local. — L'assistance des pauvres. — L'état civil, la justice et l'administration civile.