‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 55 sur 163 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

l'irlande

La possession du sol et la souveraineté restèrent acquises, en Irlande , aux anciens peuples celtiques, longtemps après qu'elles eureût été perdues , en Angleterre , pour ceux de même origine, refoulés par les Anglo- Saxons (II, m). La lutte des deux races sur le territoire irlandais commença seulement en 1155 , par la conquête partielle de Henri II; et elle s'est continuée jusqu'à nos jours, sous diverses formes, avec une foule de péripéties. Depuis l'insurrection de 1796, l'antagonisme ne se traduit plus en faits de guerre, mais il est encore visible dans le contraste des idées et des sentiments. L'exemple de l'Irlande est donc moins propre que celui de l'Ecosse à enseigner comment s'accomplit l'œuvre de la paix intérieure dans un grand État. Cependant, s'il ne nous montre pas les procédés qui apaisent la discorde , il nous met en garde contre ceux qui la perpétuent *.

* Voir, dans la Réforme sociale, chap. 59, les §§ intitulés : L'Irlande, Tantagonisme des races entretenu par Toppression provinciale. — L'acte d'union de 1800 et les réformes postérieures. — Le Vice- Roi et les autorités locales. — L'Église anglicane et le catholicisme. — La vie

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L'union de Flrlande (1800) n'a pas été , comme celle de l'Ecosse , librement consentie, après avoir été amenée de loin par une prudente politique , par une alliance de famille et par le respect de l'indépendance du faible. Elle a été le complément d'une domination armée de sept siècles.

Pendant cette longue oppression , l'Irlandais n'a pas seulement souffert comme peuple vaincu : depuis l'établissement du protestantisme en Angleterre, il a été, en outre, persécuté comme catholique. En cette qualité, il a été déclaré indigne d'exercer ses droits dans la vie publique ; et il a été soumis , dans sa vie privée , à des contraintes encore plus cruelles*. C'est ainsi que par la loi de 1703, justement flétrie par Edmund Burke, les fils des familles catholiques de l'Irlande ont été directement provoqués à se révolter contre l'autorité paternelle ^ Ce crime , commis par les

privée. — L'assistance des pauvres. — L'état civil , la justice et radministration civile.

^ Voir, à la fin de ce tome, la Pièce III des Documents annexés, =z ^ La loi de 1703 (2, Anne, c. 6), résumée ciaprès, impose à Tlrlande, pour les immeubles, le partage forcé qui , sous le nom de Gavelkind , se conserve seulement comme régime ab intestat, dans certains districts anglais (VI, xii], — « Toute propriété dont un papiste est ou sera a en possession, sera de la nature du Gavelkind; l'héritage « en sera attribué à tous les fils de ce papiste , par portions « égales, et ne passera pas à l'aîné de ses fils (section 10)... « Mais si le fils aîné de ce papiste est protestant, la pro- « priété lui sera transmise conformément à la loi commune

législateurs anglais contre une race vaincue, ne le cède, dans Thistoire du mal, qu'à l'attentat commis, dans le même esprit, le 7 mars 1793, par Robespierre, Pétion, Prieur, Mailhe, Barrère, Buzot.Tronchetetles autres légistes dé laTerreur, contre le peuple français tout entier (IV, vi) *.

L'acte d'union de 1800 laissait , en principe , subsister ces injustices ; et il privait l'Irlande des . moyens de réforme locale que lui donnait l'existence traditionnelle de son parlement. Cependant il a été, sous quelques rapports, le point de départ des améliorations apportées postérieurement à la constitution sociale de l'Irlande. Aux termes de l'union , les deux grandes îles Britanniques sont désormais nommées (( Royaume-Uni de Grande- Bretagne et d'Irlande :?),et sont placées sousl'auto-

« du royaume (section 12). — Cette loi, » remarque E. Burke, « devait conduire à d'importantes conséquences. En pre- (f. mier lieu, par Tabolition du droit d'aînesse, peut-être « à la première et certainement à la seconde génération, « les familles de papistes, si respectables qu'elles soient , « si considérable que soit leur fortune, seront certaine- « ment anéanties et réduites à l'indigence, sans aucun « moyen de se relever par leur industrie et leur intelligence, « étant empêchées de conserver aucune sorte de propriété. « En second lieu , cette loi supprime le droit de tester, qui « a toujours été acquis aux petits propriétaires, et dont les « grands propriétaires sont également en possession depuis « la loi 27 de Henri VIII... » (Edmund Burke; Œuvres complètes, t. IV, p. 7.)

* La Réforme sociale, 20, V. — U Organisation du travail. Document E.

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