‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 67 sur 163 · II,V · texte numérisé non relu

II,V

Selon la coutume, le pouvoir royal est transmis

t84 LIVRE ONZIÈME — LE GOUVERNEMENT DE L'ÉTAT

au plus proche héritier protestant , ou , à défaut de mâle, à la plus proche héritière du dernier souverain. Ce droit d'héritage a été subordonné, en 1688 , au principe qui lie indissolublement la fonction du roi à la qualité de protestant*. Conformément à Tancien adage, « le roi ne meurt jamais , » en ce sens que la royauté survit de droit dans son successeur. Le roi a le devoir de gouverner le peuple selon la loi, de faire rendre la justice avec humanité, de maintenir la religion protestante et de conserver leurs privilèges et leurs libertés aux Églises établies d'Angleterre et d'Ecosse. En principe, d'après le langage officiel, les fonctions du roi sont fort nombreuses ; mais , en fait , à notre époque , le poids de ces fonctions et la responsabilité qui s'y attache , retombent presque uniquement sur les ministres nommés sous l'influence du parlement; et, en conséquence, le roi est considéré comme irresponsable au sujet des actes accomplis en son nom. Depuis l'origine de la monarchie , le roi a sou-

* A répoque de la révolution française deux clubs , établis à Londres, s'appliquèrent à en propager les aberrations. L'un d'eux émit l'opinion : « Que le roi d'Angleterre « est le seul roi légal du monde , parce que , seul , il doit sa « couronne au choix de son peuple. » EdmuAd Burke combattit vivement cette doctrine : en se référant à l'histoire de la révolution de 1688, il démontra que les actes de cette époque refusaient formellement au peuple anglais le droit de choisir ses rois. (Œuvres complètes , 1. 11^ p. 287 à 308.)

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