LE HEUÈDE AU MAL ACTUEL
Les vices et les maux de toute sorte émanant du scepticisme ont souvent désolé les nations riches et lettrées , en sorte que le remède est depuis longtemps connu : c'est le retour à la loi morale sous la haute influence de la religion, avec le concours de clergés fidèles à leurs devoirs. Déjà l'Angleterre a pu accomplir une telle réforme après l'époque de Bolingbroke et de Chesterfield : elle réussira encore si elle sait, comme alors, attaquer le mal avec une connaissance complète de la cause qui le produit. Au xviii® siècle , cette cause était la corruption des classes dirigeantes ; et il a suffi que celles-ci revinssent au bien par l'exemple d'un roi honnête homme. Maintenant , c'est l'orgueil des lettrés qui pousse les peuples à la révolte contre la loi divine : c'est « la vraie science 3> qui les ramènera à la soumission. Aux
idées préconçues de « l'esprit moderne 3>, les vrais savants opposeront les faits , constatés avec mélhode , qui montrent partout la prospérité des peuples inséparable de la croyance en Dieu et de la soumission à sa loi.
Les maux engendrés par le faux. dogme du •travail seront peut-être moins faciles à guérir, car ils prennent, en quelque sorte, l'humanilé au dépourvu ; et Ton reste san^ précédents pour la souifrance comme pour le remède. La solidarité nécessaire du patron et de Touvrier n'a pu être méconnue tant que l'atelier s'est à peu près confondu avec le foyer domestique; mais il en est autrement depuis que la houille , la vapeur et lés machines -outils multiplient outre mesure lés grandes usines à moteurs mécaniques. Encouragés par une fausse science à violer la tradition, les patrons ont sacrifié l'avenir au présent; et, à cet effet, ils ont pris pour but un accroissement momentané de bénéfices , tout en se flattant de diminuer leurs charges et . Surtout d'amoindrir leur responsabilité. Aux époques de prospérité de la fabrique, ils ont recruté à tout prix des ouvriers en les arrachant à une situation moins lucrative , mais dans laquelle le lendemain était mieux assuré; puis ils les ont aban«^onnés sans ressources, quand l'exagération même de cette activité a fait revenir une époque de chômage. Par sa funeste propagande, l'école de