CH. IV — LE MAL ACTUEL ET LA SOUFFRANCE
ont partout constaté l'existence des rapports nécessaires qui unissent Thomme à son Créateur. Cette teadance vers le scepticisme en matière de religion ne se manifestait plus en Angleterre, depuis la réforme morale qui marqua la fin du siècle dernier; mais elle s'y montre de nouveau, sous la protection apparente de « la science ». Elle semble occuper une certaine place dans les considérations qui ont déterminé plusieurs hommes éminents à fonder l'université de Londres (IX, vi). Le changement est encore peu prononcé; mais il doit déjà éveiller la sollicitude de ceux qui ont charge de la paix sociale. Chez une nation riche et lettrée, les savants prennent une part importante à la direction des idées. Si, malgré l'évidence, ils déclarent que Dieu n'est jamais aperçu par la science, la jeunesse nourrie de leurs leçons sera souvent amenée à conclure que le foyer et l'atelier n'ont pas besoin de Dieu. Or l'histoire du passé, comme l'observation du présent, ne laissent aucun doute sur les terribles conséquences d'une telle conclusion • Il y a lieu d'espérer que la vraie science viendra bientôt en aide à la coutume pour conjurer les périls de cette nouveauté '.
* Lorsqu'on 1836 je fis mon premier voyage en Angleterre pour assister au congrès scientifique de Bristol, je remarquai que les savants anglais, voués à Tétude du monde physique, saisissaient avec empressement toutes les occa-
La seconde abeiration est née en Grande- Bretagne et remonte à une date plus ancienne que la première. Formulée en 1776 par l'Écossais Adam Smith, sous l'autorité apparente de la science, elle érige en principe la déplorable pratique qui commençait alors à se propager dans quelques manufactures. Ce faux dogme du travail viole Tune des plus anciennes et des plus constantes coutumes, de l'humanité. Depuis les premiers âges , chez les races sédentaires , les c( serviteurs i> de l'atelier de travail, comme ceux du foyer domestique, avaient toujours été attachés en permanence à la famille du patron; et cette organisation reste encore la règle dans toutes les régions où l'esprit de paix se conserve au sein des populations. L'école d'Adam Smith enseigne , et sous son influence on croit généralement aujourd'hui , que le travail est une simple marchandise et qu'il n'existe plus aucun lien entre l'ouvrier et le patron dès que, le travail étant fourni, le salaire est payé. Cette doc^ trine n'est pas seulement contraire à la tradition, elle est réfutée par un contraste que chacun peut observer, dans l'Occident, près du lieu qu'il habite : par l'harmonie et le bien-être qui se transmettent partout avec l'ancienne coutume; par
sions de témoigner leur admiration pour la toute-puissance du Créateur. Je n'ai plus retrouvé la même préoccupation dans les congrès de 1861 et de 1862. -— F. L-P.