‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 97 sur 163 · GH. VII — LES SYSTÈMES SOCIAUX EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

GH. VII — LES SYSTÈMES SOCIAUX EN ANGLETERRE

minés, plus souvent encore que sur le Continent, par le fléau des engagements momentanés. Cette dangereuse nouveauté est incompatible avec toute paix sociale : elle devrait donc être, sans relâche, signalée, par les classes dirigeantes, comme une des plus dangereuses productions de « l'esprit tooderne ».

A Vépoque de la conquête romaine , les Bretons groupés en petits clans issus d'un commun ancêtre, sur des territoires exploités surtout par le pâturage , ressemblaient assez aux petites tribus de pasteurs qui se partagent les steppes comprises entre la Caspienne et les monts Ourals. Mais ils ne faisaient pas, comme ces derniers, une part prépondérante à l'autorité paternelle ; et , en conséquence , ils offraient peu d'éléments aptes à former une forte race d'agriculteurs et une nation stable. Ils durent donc céder la majeure partie de leur territoire aux paysans saxons et Scandinaves qui l'envahirent après la retraite des Romains ; et ce fut seulement en adoptant la coutume de ces derniers qu'ils purent coopérer à l'œuvre de fusion d'où sortit la race anglaise.

En même temps qu'ils se rapprochaient, par certains traits, des organisations patriarcales de rOrient, les Bretons constituaient aussi de grands ateliers à engagements forcés. Une famille n'aurait pu en effet se séparer, avec son petit troupeau, du clan qui lui garantissait la jouissance du sol :

âéuleméhl, au lieii de relever directement d^un chef, elle dépendait d'une communauté de pairs, selon rorganisatioh qui règne encore dans quelques localités de l'Orient, du Nord et du Midi (VI, n). Là véritable organisation du grand atelier à engagements forcés, celle où chaque famille dépend d'une forte hiérarchie , fut importée par les Saxons et les Scandinaves : elle se modifia brusquement, dans ses chefs plus que dans ses autres éléments, à la suite de l'invasion normande ; enfin elle se transforma peu à peu sous l'ensemble des influences qui, en Angleterre comme sur le Continent, mirent fin au système féodal.

Le petit atelier rural de la famille-souche anglosaxonhe s'est, au contraire, affermi, et a pris plus d'indépendance à mesure que cette transformation s'opérait. Il a été le modèle des petits métiers et des petits commerces qui couvrent aujourd'hui le territoire et forment un des traits caractéristiques de la société anglaise. Ces derniers sont devenus, à leur tour, les meilleurs exemples que l'Angleterre puisse offrir *; car, ainsi qu'on l'a indiqué ci-dessus, le petit domaine du paysan a été généralement englobé , au

* Parmi les types les plus tecommàridables et les plus originaux on doit cilér ToUvrier miniBur (Jiil explbile, colnnle tâcheron, les filons d'étaih ou de cuivre des comtés de Cor-

nouailles et de Devon (VI, m).

Page 1