‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 98 sur 163 · CH. VII — LES SYSTEMES SOCIAUX EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

CH. VII — LES SYSTEMES SOCIAUX EN ANGLETERRE

dernier siècle , dans la grande propriété voisine ; et ii se montre rarement, de nos jours, sur le territoire anglais.

Le grand atelier rural à engagements volontaires permanents reste , en Angleterre , une des plus solides réserves de paix sociale. Il se perpétue, comme le petit atelier, par l'autorité du testament. Il prend son plus fécond caractère sous le régime des baux at will, dans lequel le grand propriétaire, quoique lié à des fermiers, garde la responsabilité du bien-être des ouvriers, et conserve le pouvoir d'assurer à son domaine les bienfaits de la paix intérieure. Les mêmes sentiments de devoir, ayant pour conséquence les mêmes bienfaits , subsistent encore dans plusieurs sortes de grands ateliers commerciaux, minéralurgiques et manufacturiers. Les Anglais peuvent assurément recueillir au dehors des enseignements précieux, dans beaucoup de grahds ateliers; mais jusqu'à présent ils ont maintenu, sur leur propre sol , d'excellents modèles pour la réforme qu^attend TEutope; et peut-être leur est-il réservé d'y prendre la meilleure part.

Chaque année, en effet, voit croître l'ahurissement imprimé aux classes dirigeantes de l'Occident par les faux dogmes des lettrés, les convoitises des gouvernants, l'imprudence des novateurs et l'inexpérience de ceux qui restent attachés à la tradition. Ces classes ne peuvent donc fixer let^^

pensée sur les maux qu'engendre la destruction incessante des deux dernières coutumes de lu paix sociale. En Angleterre , ces mômes classes ont conservé toute leur lucidité d'esprit. Cédant trop à l'exigence des libertés de la vie privée, prises d'ailleurs au dépourvu par les récentes inventions du monde matériel, elles ont encouragé la rupture des liens qui jusque-là avaient uni le patron et l'ouvrier. Elles ont développé, plus encore que sur le Continent , le régime des engagements momentanés; mais elles ont réprimé avec vigilance et fermeté les conséquences intolérables des nouveautés qui détruisent , sans les remplacer, les anciennes solutions du problème social. Deux séries de lois innombrables opposent des contraintes fort dures à deux de ces conséquences : elles obligent, par une lourde réglementation , chaque localité à nourrir les pauvres qu'y multiplie le régime nouveau ; elles contrôlent sévèrement l'organisation du travail dans les grands ateliers, et punissent les chefs qui imposent des travaux trop pénibles aux femmes et aux enfants. D'un autre côté, les Anglais restent convaincus que ces sortes de lois violent les principes d'un bon gouvernement. Ils les déclai'ent provisoires ; et ils se tiennent prêts à les abroger dès que les chefs des grands ateliers , revenant à la constante tradition des sociétés prospères, assureront eux-mêmes directement la subsis-

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