CH. III — LES CULTES DISSIDENTS
romains restaient exclus en Angleterre de toutes les fonctions publiques. Les dissidents du protestantisme n'étaient admis, ni aux corporations municipales, ni au parlement. La loi les mettait en situation de s'exclure eux-mêmes, en refusant de se soumettre à l'épreuve (Test) de la communion selon le rite anglican. Lesisraélites étaient placés dans une situation analogue, car ils n'auraient pu siéger au parlement, malgré des élections réitérées , sans prononcer un serment dont la formule n'était acceptable que pour des chrétiens.
La réforme de ce régime restrictif, opérée successivement en 1828, en 1829 et en 1860, est un des titres de l'Angleterre à l'ascendant moral que ce pays possède aujourd'hui. Elle ne s'est pas produite, en effet, comme certains actes analogues accomplis sur le Continent, au sein d'une société sceptique , inspirée par son indifférence pour la religion dominante plutôt que par la justice due aux opprimés. Elle a été faite par des législateurs attachés à leur foi et convaincus que la grandeur de l'Angleterre était intimement liée à la conservation du culte officiel. Mais ces mêmes hommes étaient les dignes héritiers de ces énergiques pères de famille qui, depuis quatorze siècles , remettent toujours en honneur les principes du bien après les déviations imprimées par la corruption des classes dirigeantes (II, vi). Ils se sentaient capables d'assurer au
culte national sa suprématie par le seul exemple de leurs vertus ; ils savaient d'ailleurs que le testament leur donnait le pouvoir d'en perpétuer la tradition chez leurs descendants.
Les orthodoxes avaient aussi un intérêt personnel à rendre aux communions opprimées cette tardive justice. Ils se rappelaient qu'au miUeu de la corruption duxviii® siècle, les dissidents avaient contribué par leurs exemples de ferveur religieuse à ramener au bien le clergé anglican frappé de tiédeur ou même envahi par le désordre. Ils prévoyaient que leurs propres enfants trouveraient un aiguillon salutaire dans la concurrence des dissidents, aussitôt que la loi rendrait à ces derniers un libre accès à l'exercice des devoirs pubUcs.
Les cathoUques romains entrent à peine aujourd'hui pour un million et demi dans la population de l'Angleterre*: mais ils se multiplient
^ En 1862, des personnes compétentes donnaient, sur les rois catégories de communions chrétiennes en Angleterre, es renseignements numériques suivants :
Anglicans 12.500.000
Dissidents du protestantisme 6.500.000
Catholiques 1.200.000
Population totale 20.200.000
D'après les évaluations fournies par M. Gladstone ( The Vatican decrees, p. 64) , par M. Ravenstein [Geographical magazine) et par M. Lumley (Staiistical journal) le nombre
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