CH. III — LES CULTES DISSIDENTS
dans une proportion plus rapide que le progrès moyen constaté ci-dessus (I, vm). Les conversions sont assez fréquentes au sein des classes supérieures de la société; elles se produisent même parmi les savants d'Oxford, au centre de Torthodoxie anglicane. Les catholiques d'Angleterre se distinguent par l'énergie de leur foi religieuse et par un ensemble de qualités devenues rares chez les riches nations d'Europe et d'Amérique où, pendant des siècles, les cathoUques ont été protégés par le bras séculier contre le contact des prolestants. Ds offrent aussi d'utiles exemples aux anglicans; et, à ce seul point de vue, ils peuvent attendre avec confiance l'abrogation des lois répressives qui pèsent encore sur eux.
Les dissidents du protestantisme sont au nombre de 6.500.000 : ils offrent dans leurs croyances et leurs cultes une multitude de nuances qui pourraient être l'objet d'études fort utiles pour les diverses églises du Continent. Ils ont beaucoup contribué au dernier siècle à garder le dépôt de la foi chrétienne. Parmi les moins nombreux, figurent environ 10.000 familles qui composent
des catholiques serait inférieur à celui qui est porté au tableau précédent. Il n'aurait pas excédé : en 1851, 766.000; en 1861, 955.000; en 1871, 915.000. D'un autre côté, la multiplication rapide des établissements catholiques, chapelles, couvents et écoles, n'est contestée par personne, non plus que la fréquence des conversions opérées au sein des hautes classes.
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la Société des Amis et forment un des types les plus remarquables de la race anglaise. Les Amis, dits vulgairement Quakers, se sont constitués, il y a plus de deux siècles , pour pratiquer rigoureusement les prescriptions du Décalogue interprété par l'Évangile, sans le concours d'un clergé, sous la direction des chefs de famille , groupés sans aucun ordre hiérarchique, par le respect de la loi morale. Depuis l'origine de l'institution, ils repoussent avec une ténacité inébranlable les coutumes et les lois écrites qui , dans leur opinion, violent les dix commandements de Dieu, notamment le IP, le V% le VI% le VIIP et le IX«. A ce point de vue , ils refusent de prêter serment en justice et prétendent être crus sur leur simple affirmation; ils refusent également de concourir de leur personne à l'organisation de l'armée; ils condamnent les récréations qui flattent les appétits sensuels , la tendance au luxe , l'esprit de convoitise et l'instinct de cruauté; ils proscrivent les formes de politesse dans lesquelles ils ne voient que des démonstrations mensongères; ils s'interdisent les vêtements contraires à la pudeur ou à une rigoureuse modestie; enfin ils célèbrent eux-mêmes les mariages avec dignité, mais sans l'intervention d'un culte officiel ou de magistrats civils. La doctrine qui règle la conduite des Amis a pris corps peu à peu par l'expérience journalière des pères de fa-
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mille et par les résolutions adoptées dans leurs conciles périodiques. Cette doctrine a d'abord été considérée par les gouvernants comme une coupable rébellion contre les droits de la société ; et elle a entraîné pour les adhérents des punitions cruelles ; mais les gouvernants ont été àla fin désarmés par la constance, la foi , la résignation et la vertu des Amis. L'undestraitslespluscurieuxdela constitution britannique est la tolérance avec laquelle le législateur s'est cru obligé de donner satisfaction, en ce qui touche le serment, le service militaire et le mariage , aux scrupules des Amis. Ceux-ci, de leur côté, se sont montrés dignes de ces concessions par leur dévouement exclusif à leur doctrine et par la prudence avec laquelle ils se sont toujours interdit de mêler leur société aux préoccupations de la politique. Cette prudence a pour complément l'interdiction du prosélytisme : ils savent, en effet, par une longue expérience, que leur doctrine ne peut être pratiquée que par une faible minorité. La Société des Amis ne s'est guère propagée en dehors de la race anglo-saxonne : elle prendrait quelque développement chez plusieurs autres, si le dévouement à la loi morale qui en est le principe, était réduit aux interprétations que ne condamnent pas les prescriptions des Églises établies et les lois des États.
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