‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 117 sur 190 · CH. 11 — LE FOYER DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

CH. 11 — LE FOYER DOMESTIQUE

fondation dés Land-socieiies. On nomme ainsi les associations de bien public, entachées parfois de manœuvres politiques , qui se proposent d'assurer aux ouvriers les avantages dérivant de la possession du foyer domestique. Ces associations se procurent un vaste terrain à proximité de grands ateliers de travail ; elles y pratiquent le drainage des eaux pluviales et ménagères, amènent Feau pure et le gaz d'éclairage, divisent la surface par des rues et la partagent en lots propres à l'établissement d'une petite maison entourée d'un jat'din. Souvent aussi, elles bâtissent les maisons, puis elles cèdent ces lots nus ou bâtis, au prix coûtant, moyennant de faibles annuités prélevées sur le salaire des acquéreurs*.

Ces dispositions se manifestent encore par beaucoup d'autres traits honorables , notamment par la tolérance que l'on montre souvent à l'égard de certains locataires devenus incapables , par suite de malheurs imprévus, de payer la rente due aux propriétaires. La répugnance que témoignent en pareil cas beaucoup dé grands propriétaires pour les expulsions forcées , provient du sentiment que gardent les Anglais sur la sainteté des liens qui doivent exister entre la famille et son foyer *.

* Voir, pour plus de détails : Les Ouvriers européens; Menuisier de la ville de Sheffield; sur rorganisation des Land-societies. — \o\r aussi La Réforme sociale , 25, ii; 46, V. izz: 5 la Réforme sociale, 25, v à vu. — L'Organi^

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La puiBsance de ces liens, et le rôle bienfaisant que joue Famour du foyer dans la vie des Anglais, «e révèlent surtout parmi les classes moyennes qui restent étrangères aux distractions de la vie publique et qui n'ont d'autre diversion au travail que les joies de la famille. Dans ce milieu social , le travail appliqué à l'exercice d'une profession traditionnelle est la vraie source de la considération publique : il est régulier et assidu; il n'est jamais acharné. Associé, dès l'époque de son mariage, au commerce des dieux , l'homme prévoyant, au début de sa carrière, rfa pointa faire les efforts surhumains qui lui sont imposés, en France par exemple , où la tradition du travail est rompue à chaque génération. Tandis que le jeune commerçant français est assailli par les préoccupations qu'entraîne la fondation d'un nouvel établissement, ou accablé par les charges qu'il contracte s'il se porte acquéreur de l'atelier paternel, l'Anglais continue, dans une complète quiétude, les traditions des aïeux. Il a le loisir et la liberté d'esprit nécessaires pour jouir, après le travail , du repos à son foyer embelli par les soins et la grâce de la femme, égayé par les ébats des jeunes enfants. Ce fécond repos se reproduit chaque jour pendant quelques heures, chaque

sah'on du travail, § 24; 5® pratique de la Coutume des ateliers : Union indissoluble entre la famille et son foyer.

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semaine pendant une journée entière : il est ennobli, au foyer par la lecture de la Bible, au temple par les exercices religieux. Enfin , quand la situation grandit et quand le loisir augmente, la famille trouve une nouvelle diversion au travail, dans la participation aux œuvres de bien public.

Cependant c'est ici le lieu de rappeler que cette charmante vie de famille n'est pas permanente dans la société anglaise. Le tableau qui vient d'être tracé s'assombrit peu à peu, à mesure que les enfants grandissent; trop souvent, il prend un indicible caractère de tristesse , dès que la nouvelle génération est tout entière établie au dehors (i). Les vieux parents n'ont plus en perspective que la mort dans l'abandon*: c'est alors que se développe à leur foyer désert le spleen, cette maladie qui a pour symptôme le dégoût de l'existence et qui n'est nommée qu'en An-

® Tai souvent constaté que ce vice de la vie privée est péniblement supporté par les Anglais. Ainsi quittant un jour, au début de mes voyages, une maison-souche du Cornouailles, où j^avais rencontré un affectueux accueil, je reçus du chef de famille cette bienveillante allocution : « Jeune « homme , je vous laisse partir avec d'autant plus de regret « que je ne saurais, à mon âge, conserver Tespérance de a vous revoir et d'aider à vos succès. J 'ajouta donc un dertt nier conseil à ceux que je vous ai déjà donnés : mariez- « vous tard , afin de ne pas rester, dans votre vieillesse , « aussi isolé que je le suis maintenant. » — F. L-P.

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gleterre. Ce mal de la famille anglaise est évident : le remède ne Test pas moins ; il est dans l'imitation des bonnes familles-souches du Continent.

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