‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 123 sur 190 · CH. IV — L'AUTORITÉ PATERNELLE · texte numérisé non relu

CH. IV — L'AUTORITÉ PATERNELLE

sance des grands intérêts sociaux dont le père est plus spécialement pénétré. Il résulte de là que la grandeur d'une race découle surtout de Tautorité paternelle; et si les Anglais se distinguent depuis dix siècles entre tous les peuples européens par leur prospérité croissante, c'est que cette autorité y a été mieux qu'ailleurs garantie par la faculté de récompenser et de punir, c'està-dire par le judicieux usage du testament*.

L'autorité paternelle estplus solidement établie dans la métropole de l'Empire britannique que dans ses colonies; et, en cela, l'Angleterre tire avantage de certaines inclinations communes à toutes les races d'hommes. Les jeunes ménages, toujours portés à l'indépendance, peuvent facilement satisfaire ce désir à proximité des territoires inoccupés; ils sont, au contraire, dans la nécessité de se serrer près de la maison souche, dans les contrées où le sol est complètement défriché. A l'exception des classes dégradées par le retour à l'état nomade et par les abus du travail manufacturier, la race de l'Angleterre est très -supérieure à celle des colonies. Le père est mieux en

* « On remarque que, dans les pays où Ton met dans les ce mains paternelles plus de récompenses et de punitions , « les familles sont mieux réglées; les pères sont Timago du et créateur de l'univers, qui, quoiqu'il puisse conduire les « hommes par son amour , ne laisse pas de se les attacher (c encore par les motifs de respérance et de la crainte. » ( Montesquieu , Lettres persanes , LXXIX. )

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situation de dresser ses enfantis au travail et à la vertu; et, en général, il leur transmet plus sûrement le trésor des bonnes traditions accumulées par les ancêtres. Les classes que la richesse livre à l'oisiveté montrent, à cet égard , certaines défaillances; mais celles qui cultivent les arts usuels réussissent fort bien à perpétuer ces traditions parmi leurs enfants les plus laborieux et les plus soumis. Aucun autre milieu social ne réunit à un degré aussi éminent la religion, le patriotisme, l'amour du travail, l'esprit de respect et d'obéissance.

Cette supériorité est due en grande partie à la prépondérance sociale de la vieillesse. Dans les contrées où le père n'a pas le pouvoir de récom-r penser et de punir, où il ne peut retenir un héritier près de lui, le chef de maison doit aban-r donner l'atelier fondé par ses soins, au moment où croît encore l'aptitude directrice , mais où les forces.physiques commencent à faire défaut. Dans son isolement il est soumis à l'alternative de renoncer à la vie active ou d'être surpassé par des concurrents plus jeunes et plus entreprenants, En Angleterre , il en est autrement : les pères ne subissent jamais la déchéance de «la retraite )f>; ils continuent jusqu'à l'extrême vieillesse à diriger les ateliers de travail. Quant aux héritiers , ils suivent docilement la direction qui leur est donnée. Cet heureux accord est, pour les mé-

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