LA JEUNESSE ET L'EDUCATION
Les Anglais conservent les saines traditions , en ce qui touche l'éducation de la jeunesse. La lecture assidue de l'Ancien Testament leur rappelle que les nouvelles générations naissent sous l'empire du vice originel, et que le premier devoir des parents est de réprimer en elles une inclination persistante vers le mal ^ .
* Celte vérité est Tune de celles que rAncien Testament rappelle le plus aux fidèles ; elle est reproduite dans les Proverbes avec une admirable diversité. « Écoutez, mon fils, les « instructions de votre père , et n'abandonnez point la loi « de votre mère. » (i , 8.) — «Celui qui épargne la verge hait « son fils : mais celui qui Taii^e s'applique à le corriger. » (xiii ,24.) — « Châtiez votre fils tant qu'il y a espérance. » (xix, 18.) — « La folie est liée au cœur de Tenfant, et la « verge de la discipline l'en chassera. » (xxii , 15. ) — « N'é- « pargnez point la correction à l'enfant ; car si vous le frap-
Le rang élevé que s'est acquis la race anglaise, par une culture traditionnelle de la loi morale, ne la soustrait pas à cette éternelle défaillance de
« pez avec la verge il ne mourra point. » (xxiii , 13. ) — « La « verge et la correction donnent la sagesse : mais l'enfant « qui est abandonné à sa volonté couvre sa mère de con- « fusion. » (xxix, 15) — « Élevez bien votre fils, et il vous « consolera; et il deviendra les délices de votre âme. » (xxix, 17.) — La sévère doctrine de l'Ancien Testament n'est nullement démentie par les tendres paroles que Notre- Seigneur Jésus-Christ a prononcées au sujet des petits enfants. Les faits révélés par Topinion des Autorités sociales sont confirmés, dans les termes suivants, parr saint Augustin : <c La faiblesse des organes est innocente chez les « enfants, mais non pas leur âme. J'ai vu, j'ai vu moi- « même un petit enfant dévoré par la jalousie; il ne parlait <c pas encore ; mais tout pâle , il regardait d'un œil haineux « son frère de lait... Est-ce innocence, chez un enfant, que « de ne vouloir pas partager une source de lait, si abona dante et même trop abondante, avec un enfant aussi « faible que lui?... Estrce là donc, mon Dieu, cette inno- « cence des enfants ! Non , cette innocence n'existe pas. Ce « qu'ils sont alors avec leurs maîtres et leurs pédagogues tt pour les noix, les balles , les oiseaux, ils le sont plus tard tt avec les rois et les magistrats pour de l'or, des terres, des a esclaves ; les objets de la passion changent avec les années, a comme de plus grands supplices succèdent aux châti- « ments de l'enfance ; mais, au fond, c'est toujours la même « chose. Vous n'avez eu d'autre pensée que de nous donner « une leçon d'humilité dans la petite stature des enfants , « lorsque vous avez dit (S. Matth. xix, 14) : Le royaume « des cieux est à ceux qui leur ressemblent. » (Saint Augustin, Confessions, I, vu, 19.) — Voir La Réforme so^ ciale, 28, m; 53, Il ; 64, III. L'Organisation de la famille, §16, notes 8, 9 et 11.