‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 130 sur 190 · CH. M — LE CELIBAT ET LA DOMESTICITÉ · texte numérisé non relu

CH. M — LE CELIBAT ET LA DOMESTICITÉ

der une nouvelle maison ou ayant échoué dans leurs tentatives, s'attachent au foyer des ancêtres ; qui sont une seconde providence pour leurs neveux, pour les héritiers successifs et les jeunes générations ; qui prennent part aux travaux du foyer et de Tatelier, veillent les nouveau -nés, président aux jeux de l'enfance, donnent les premières notions de Dieu, du devoir et de la tradition nationale , redisent aux enfants devenus écoliers les leçons du prêtre et de l'instituteur, soignent les malades, consolent les mourants; qui, enfin, au moment de leur propre mort, offrent à la famille une dernière preuve de dévouement , en léguant leur épargne à l'héritier.

Cependant ce vice d'organisation n'est pas absolu , comme la regrettable coutume qui amène, d'un commun accord, les parents et leur héritier marié à séparer leurs ménages (i). Les charmants tableaux de la vie commune ne manquent pas complètement dans les foyers anglais, surtout dans les familles de la classe moyenne, vouées à un labeur régulier. Ils sont rares, au contraire, chez les familles riches, même dans les cas analogues à ceux où la cohabitation serait habituelle en certaines contrées du Continent. Ainsi, par exemple, les vieux officiers de l'armée ou de la flotte , que leur profession a éloignés du mariage, sont peu enclins à venir prendre leur retraite au foyer de leur frère héritier. Le caractère peu so-

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ciable de la race (ii) les porte à conserver leur indépendance, malgré les inconvénients de la solitude. Ceux mêmes qui sont affligés d'infirmités et de blessures préfèrent, à la sollicitude des parents, les soins des domestiques. Cette disposition d'esprit n'exclut pas un vif attachement pour les intérêts et la prospérité de la famille : le môme homme qui se plaît à vivre et à mourir dans l'isolement ne manque pas de léguer ses biens à l'héritier d'un commun ancêtre.

La domesticité offre rarement, de nos jours,cette identité d'intérêts et ce dévouement absolu qui étaient encore, au siècle dernier, une des gloires de la famille. Cependant l'Angleterre a mieux résisté que d'autres pays, et notamment mieux que son essaim des États-Unis d'Amérique, aux faux principes de liberté et d'égalité*. Les ro-

* L'antagonisme qui règne dans l'atelier entre le patron et l'ouvrier pénètre maintenant dans le foyer, et divise le maître et le serviteur; il en résulte que les déplorables habitudes qui, en Amérique, remplacent le foyer domestique par rhôtel garni, s'introduisent, sous une forme singulière, dans certaines habitations de la Gentry. Je reçois, d'une dame anglaise > fidèle aux bonnes traditions, des détails inattendus sur cette nouveauté. Plusieurs familles du voisinage, voulant se soustraire aux ennuis et aux préoccupations qu'impose la direction d'une maison , traitent avec un entrepreneur qui, moyennant un prix fixé par tête, s'engage à nourrir les domestiques, les invités et les maîtres eux-mêmes I Cette désorganisation du foyer est une nouvelle source de dissensions intestines entre les maîtres et les serviteurs. — F. L-P.

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