CH. VI — LE CÉLIBAT ET LA DOMESTICITÉ ÎO
manciers, qui décrivent les mœurs contemporaines , ont encore sous les yeux des exemples touchants dont on ne voit plus la trace dans la littérature des peuples imbus de ce Tesprit moderne ». Ces exemples ne sont pas rares dans les familles peu aisées; ils sont plus fréquents parmi les familles riches de la propriété foncièrç, qui, conservant les antiques traditions des races nobles, assurent en toute éventualité, à leurs serviteurs, une place permanente au foyer^ Les familles pénétrées de cet esprit de solidarité annoncent, dans les journaux des localités voisines de leur résidence, la mort d'un ancien domestique, comme celle des autres membres de la communauté; parfois même, elles admettent le défunt au tombeau de famille.
^ A toutes les époques de décadence ces liens se sont relâchés ; et Ton a toujours déploré la perte des habitudes qui , en de meilleurs temps , avaient créé de bons rapports sociaux. « C'est notre arrogance, remarque Sénèque (Lettre « XLVII), qui a créé ce proverbe : « Autant de valets, autant « d'ennemis. » Nos ennemis , ils ne le sont pas; c'est nous « qui les faisons tels... Ne voyez vous pas d'ailleurs avec « quel soin nos pères ont sauvé aux maîtres l'odieux , aux « serviteurs l'humiliant de la servitude! Le maître, ils l'ont « appelé père de famille; les serviteurs, hommes de la « famille {familiares), »
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