LE GRAND ATELIER, CONSIDÉRÉ COMME MOBILE DU BIEN ET DU MAL
Étudiés au point de vue du bien-être des familles et des pratiques de la loi morale, les grands ateliers européens forment deux catégories entre lesquelles existe un contraste profond.
L'une de ces catégories constitue « le régime du patronage !>. Elle établit toujours une asso-
ciation permanente entre les générations successives de patrons et d'ouvriers : mais, tantôt la permanence est imposée aux deux parties par la coutume ou la loi écrite; tantôt, au contraire, la permanence, aussi assurée et plus bienfaisante, repose seulement sur le libre consentement du patron et des ouvriers.
La première organisation du travail a été fort commune chez les peuples de l'antiquité*; et elle a été conservée par beaucoup de peuples modernes, tant que l'abondance du sol disponible permettait aux patrons de procurer aux ouvriers de faciles moyens de subsistance. C'est l'ordre de choses qui, avant l'ukase de 1861*, régnait dans presque toutes les régions européennes de la Russie ; c'est celui qui se maintient en plusieurs " contrées de l'Empire ottoman et de la Perse. La seconde organisation porte le règne du bien à son plus haut degré de perfection, si chacun fait un bon usage de sa liberté : si les ouvriers obéissent ; si le patron est digne de commander.
* Tel était le cas en Grèce , où TÉtat se composait , en général , d'une ville et d'une grande banlieue partagée en petits domaines ruraux. Les propriétaires de ces domaines consacraient tout leur temps au métier des armes et au gouvernement de la cité. Les familles qui cultivaient le sol étaient attachées en permanence à ces propriétaires ; elles apportaient à leurs maîtres les denrées qui n'étaient pas consommées sur les lieux de production. = * /^a /îeforme sociale, 6b, vi à xi.
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