‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 165 sur 190 · LE CLASSEMENT SOCIAL · texte numérisé non relu

LE CLASSEMENT SOCIAL

Les contrastes que doivent mettre en lumière les derniers chapitres de ce livre n'ont pas partout les mêmes caractères. Chez les races patriarcales de la Grande-Steppe, c'est-à-dire dans les conditions sociales qui se perpétuent dans l'Orient depuis l'époque d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, il n'existe entre les familles que certaines inégalités en rapport avec les qualités personnelles de leurs chefs. Le contraste règne dans chaque famille entre la jeunesse dominée par l'ignorance native ou le vice originel, et la vieillesse ramenée à la vertu par la tradition du Décalogue , la contemplation des grands phénomènes de la nature

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et les saines coutumes de la vie pastorale. L'ordre et la paix se conservent spontanément dans cette forme de société; car les agents du mal sont placés dans la dépendance immédiate de ceux qui gardent les principes avec une autorité que personne ne conteste. La même subordination des agents du mal aux principes du bien, au milieu de populations homogènes , subsiste aussi dans rOccident, sur les hautes montagnes des Alpes, de l'Auvergne ou des Pyrénées, et dans plusieurs autres régions isolées, comme la steppe asiatique , des grandes voies commerciales. Ici encore l'inégaUté sociale apparsut fréquemment; mais c les classes proprement dites », les familles qui se distinguent, à premi^e vue, par de scaractères tranchés, font complètement défaut.

Il en est autrement chez les grandes nations commerçantes, même chez celles qui, ayant adopté la famille - souche , sont dans les meilleures conditions pour garder la tradition de la loi morale. Dans des lieux éminemment favorables à l'acquisition des richesses, le talent uni à la vertu ne tarde pas à porter ses fruits. L'inégalité d'aptitude des chefs de famille engendre rapidement l'inégalité de fortune, de savoir et de puissance ^ L'abus ne tarde pas à se produire dans l'emploi de ces avantages sociaux ; dès lors

^ [m Réforme sociale, as y IV,

le mal lutte avec succès contre le bien ; et le contraste des classes commence à se manifester. Les bons riches, en effet, profitent de leurs loisirs pour se rapprocher de Dieu et se mieux pénétrer de sa loi; les mauvais s'en éloignent pour s'abandonner à toutes les impulsions du vice. Quant aux familles de condition modeste, courbées sous les rudes travaux de la vie sédentaire , elles n'ont pas les mêmes loisirs que les peuples pasteurs pour élever incessamment leur pensée vers la source de tout bien. Malgré les ssdutaires influences du travail et de la frugalité , elles n'échappent à la déchéance morale que si elles trouvent près d'elles les conseils et les exemples dont les familles pastorales peuvent se passer. Quand cet appui leur fait défaut, elles ne puisent pas toujours en ellesnoiêmes la force nécessaire pour résister au contact dangereux du vice fortifié par les hautes situations sociales. Ainsi se forment, aux mauvaises époques, une foule d'individualités dangereuses, spécialement adonnées à la pratique du mal.

Comme toutes les grandes nations commerçantes, l'Angleterre a souvent cédé à ces fâcheuses propensions de l'humanité. Mais en même temps, grâce à l'admirable organisation de la famille et de la propriété, beaucoup d'hommes de bien ont toujours réussi, même aux mauvaises époques, à conserver intacts les principes ^t les coutumes

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