CH. 1*' — RAPPORTS MUTUELS DES PARTICULIERS
du droit par des manœuvres captieuses. Enfin la confusion engendrée par l'oubli de la loi morale est telle que l'ancienne confédération européenne assiste impassible aux actes de violence les moins justifiables.
Les calamités produites par ces défaillances morales des gouvernants s'étendent avec une rapidité inouïe. Le désordre est arrivé à ce point que le principal fruit des travaux de la paix est employé en préparatifs de guerre. A la vue de ces maux, des hommes de bien , appartenant à la vie privée et ne voyant pas de terme à la souffrance actuelle, commencent à se concerter pour suppléer à l'impuissance de la vie publique. Deux sortes d'associations figurent au premier rang parmi celles qui sont conçues dans cet esprit. Les premières, se résignant à voir dans la guerre une éventualité toujours imminente , s'organisent en permanence pour en alléger les maux : telles sont les sociétés instituées dans toute l'Europe pour secourir les blessés tombés sur les champs de bataille. Les secondes se réunissent périodiquement en congrès ou en conférences pour démontrer, par des discours éloquents, les inconvénients de la guerre et les avantages de la paix. Une démonstration plus efficace" sera fournie par une troisième sorte d'associations : par celles surtout qui enseignent, au moyen de preuves positives tirées de l'histoire ou de l'observation
des peuples contemporains, qu'une prospérité durable ne peut avoir pour bases que les principes du Décalogue et les coutumes qui en assurent la pratique.
L'Angleterre, moins exposée que le Continent aux calamités de la guerre, donne cependant l'exemple du dévouement à ces œuvres de bien public. On a même indiqué ci-dessus (IV , m) une société dont les membres, se préoccupant d'obéir au V« commandement plutôt que de résister à l'ennemi qui le viole , refusent de s'enrôler dans les armées permanentes.