CH. IV — L'ÉTRANGER EN ANGLETERRE
d'améliorer.ou d'unir les diverses races d'hommes * . La plus pénible impression de l'étranger qui, après un long voyage, retourne vers l'Occident, est celle qu'il éprouve dans le lieu où l'hospitalité , cessant d'être^ un devoir pour l'indigène , redevient un objet de commerce.
L'Angleterre est l'une des contrées où l'accumulation des hommes et la multiplication des voyages commerciaux, abrogent forcément l'exercice des antiques devoirs de l'hospitalité. C'est aussi l'une de celles où la pratique de ces devoirs se conserve à l'état d'exception , dans les conditions les plus louables. L'étranger dûment accrédité peut compter sur un accueil, souvent froid dans la forme, au fond toujours solide et généreux : à la ville , il est invité, à uti repas où sont conviées, en outre, les personnes qui peuvent lui être agréables ou utiles ; à la campagne , il reçoit souvent l'hospitalité complète. Dans ces réceptions, l'hôte indigène garde le décorum et déploie la solennité que sa condition comporte ; il semble avoir conscience de remplir un devoir public. Si les rapports se prolongent, si l'étranger fortifie, par ses qualités personnelles, lesimpres-
^ Aux temps héroïques, en Grèce comme à Rome, l'étranger était accueilli comme l'envoyé des dieux ; sa personne était sacrée. Chez les Grecs et chez les Hébreux , les premières hôtelleries ne furent guère que des lieux mal famés.
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siôns, communiquées d'abord par l'introducteur, ï'amitié ne tarde pas à naître : le décorum et la solennité sont complétés par la bienveillance, souvent par les témoignages d'un réel dévouement. Il est, pour l'étranger, un avantage préférable au bon accueil qui lui est assuré dans les foyers domestiques : c'est le bon exemple donné au dehors parla nation entière. Aucune autre grande nation, dans ses manifestations extérieures, ne témoigne mieux de sa soumission aux préceptes du Décalogue. Les trois premiers commandements qui prescrivent le respect de Dieu et l'obéissance à sa loi, sont constamment rappelés à lapeiasée par les institutions publiques, les mœurs dominantes de la nation et les chaleureuses initiatives dés particuliers. Le caractère officiel de l'Église anglicane, l'organisation du Vestry paroissial qui est alternativement le lieu de réunion pour les ministres chargés du service divin et pour les habitants préposés à l'administration dès intérêts temporels , la rétribution du clergé assurée par la dîme établie sur chaque propriété foncière , l'observation légale du repos dominical , et beaucoup d'autres particularités de la vie pubUque enseignent qu'il existe une alliance nécessaire entre la religion, l'État, la commune et la famille*. On ne voit plus, il est vrai, comme
' liés taxes imposées aux voitures qui circulent sur lés grands chemins ( Turnpike-roads) ne pèsent pas sur celles