‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 183 sur 190 · CH. IV — L'ÉTRANGER EN ANGLETEURE · texte numérisé non relu

CH. IV — L'ÉTRANGER EN ANGLETEURE

chez les chrétiens et les musulmans fidèles à leurs vieilles traditions, les particuliers rendre, à certaines heures déterminées, même sur les voies publiques, Fhommage prescrit par les trois premiers commandements du Décalogue ; mais la trace de cette coutume se retrouve encore dans certaines manifestations de zèle religieux ^ L'étranger à également beaucoup d'occasions de constater l'obéissance accordée aux sept autres commainde-r ments. L'autorité paternelle est partout respectée ; et elle a d'ailleurs pour sanction le libre usage du testament. Le respect dû à la femme est, à la fois, garanti par les mœurs et par la jurisprudence des tribunaux. Les attentats contre la propriété et même les menus larcins ruraux , qui sont l'une des fréquentes plaies du Continent, sont

qui se rendent le dimanche au service divin. — Les étrangers, appelés à Londres par les Expositions universelles de 1851 et de 1862, ont été frappés de voir une cérémonie religieuse marquer l'ouverture de ces solennités. Ils ont été plus étonnés encore en entendant des particuliers faire, sans aucun appareil, des prédications religieuses sur les voies publiques où affluaient les visiteurs. J'ai personnellement constaté que plusieurs de ces prédicateurs critiquaient , avec beaucoup d'opportunité , l'entraînement exagéré des contemporains pour les intérêts matériels, et qu'ils appartenaient parfois aux professions les plus modestes. Les auditeurs indigènes ne paraissaient nullement surpris ; ils semblaient parfois indifférents ; jamais ils ne se montraient frondeurs ou hostiles. — F. L-P.

^ Sur le repos dominical dans la banlieue de Londres. [Les Ouvriers des deux mondes, t. T, p. 296.)

efficacement conjurés par la coutume et par d'excellentes polices locales. Enfin le respect pour le Décalogue est poussé à ce point que la coutume dispense de certains devoirs publics les particuliers qui considèrent ces devoirs comme contraires à la loi divine et qui , en subissant les persécutions cruelles des gouvernants, ont depuis longtemps prouvé la sincérité de leurs convictions (IV, m).

Il faut cependant signaler quelques ombres dans ce tableau. Dans certaines villes commerçantes, et particulièrement à Londres, les étrangers ont souvent sous les yeux des symptômes de corruption et des exemples de dégradation individuelle qui, dans leur propre pays, sont moins graves et moins nombreux. Le rapprochement de ces désordres urbains et des mœurs édifiantes de la campagne démontre que les modernes sont menacés des mêmes catastrophes qui ont anéanti les plus brillants empires de l'antiquité. En présence de ces maladies sociales, l'autorité publique semble parfois se renfermer dans une impassibilité inexcusable*.

* Dans les rares critiques que contient le présent ouvrage, touchant la constitution de TAngleterre, j'ai cru devoir m'appuyer sur Topinion même des Anglais. Je regrette ici de n'avoir trouvé chez aucun écrivain indigène Texpression des scnlimenls pénibles que j'ai éprouvés dans plusieurs nuits consacrées à Londres, sous la conduite de certains

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Cfl. V - L'ANGLAIS DANS LES PAYS ÉTRANGERS 3t7

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