CH. V — L'ANGLAIS DANS LES PAYS ETRANGERS
Mais , comme tous ceux qui ont tour à tour dominé le monde, ils ont trop souvent abusé de leur puissance pour écraser leurs rivaux et se livrer à des entreprises injustes. Montalembert, qui a loué en termes si chaleureux la vie privée des Anglais, juge fort sévèrement cette partie de leur vie publique ^ Un auteur fait ordinairement preuve de présomption et d'injustice lorsqu'il apprécie , sans y être autorisé par une compétence
pressions de mépris publiées par les anciens protégés ; enfin l'impossibilité pour la France de fournir désormais un modeste concours aux nations indépendantes qui auraient à réprimer un attentat contre le droit des gens ! — F. L-P. * Montalembert, dans son discours du 14 janvier 1848 à la chambre des pairs , comparait la politique de la France et celle de TAngleterre à Tétranger. Il signalait les mauvaises actions de la France, puis il ajoutait : « Mais, ce que nous a n'avons jamais fait. Messieurs , c'est de garder pour nous « les bienfaits de Tordre, de la justice, de la liberté, de la « hiérarchie sociale , et d'aller au dehors soudoyer, fomena ter, patronner le désordre ou la tyrannie. Non, grâce au a Ciel , la France n'a point cet égoïsme et cet aveuglement a à se reprocher. Je lui rends avec bonheur cet hommage... « pour obéir au sentiment moral et au sentiment de la jus- « tice outragée... » — En 1856, Montalembert, reproduisant cette critique contre les attentats de l'Angleterre à l'étranger, écrivait : « Sa mobilité, son ingratitude, ses « enthousiasmes étranges^ l'âpreté de son égoïsme, l'abus de « sa propre force, son mépris odieux pour la faiblesse d'au« « trui, son indifférence absolue pour la justice , quand cette « justice ne lui offre pas d'intérêt à servir ou de force à res- « pecter, en voilà plus qu'il n'en faut pour armer contre « elle (l'Angleterre) l'indignation des âmes honnêtes. » ( De l'Avenir politique de l' Angleterre ^ p. 321 , 322.}
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spéciale en cette matière , les œuvres politiques des gouvernements. Le présent spécimen des « constitutions comparées » donnerait donc un mauvais exemple s'il insistait sur ce genre de considérations. On reste, au contraire, sur un terrain solide, en se bornant, comme on le fait dans ce chapitre , à décrire les actes de la vie privée. Or si les gouvernants ont souvent mérité le blâme dans leurs relations politiques avec l'étranger, les particuliers , dans leurs rapports commerciaux , ne sont pas à Fabri de tout reproche.