‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 185 sur 190 · CH. V — L'ANGLAIS DANS LES PAYS ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

CH. V — L'ANGLAIS DANS LES PAYS ÉTRANGERS

dans les recueils périodiques; et, sous leur influence, le parlement ne tarde pas à se rallier aux réformes indiquées par l'expérience et conseillées par le patriotisme.

Le rôle des Anglais parmi les races étrangères se révèle encore par la part prépondérante qu'ils prennent aujourd'hui à l'exploration du globe. En même temps que des expéditions maritimes sillonnent tous les parages de l'Océan, des voyageurs et des missionnaires parcourent les régions réputées impénétrables, dans l'intérieur de l'Australie et de l'Afrique. C'est à eux notamment que l'on doit les meilleurs renseignements obtenus , depuis les explorations des Portugais, sur les lacs du Haut-Nil et les grands fleuves de l'Afrique australe ^ Mais c'est surtout par la difiusion de sa langue et de sa foi qu'une nation manifeste son influence morale. La langue anglaise est rapidement apprise à cause de la simplicité de sa grammaire; et avec elle se répand une littérature saine et religieuse*.

* Depuis 1864, Burton, Speke et Grant ont trouvé en sir Samuel Baker un digne continuateur pour Texploration des lacs de l'Afrique orientale. Par son dernier voyage, le docteur Livingstone a pu rattacher à leurs découvertes dans la région équatoriale les résultats de ses premières expéditions dans le sud de ce continent. = '^ Il n'est pas sans utilité de signaler à ce propos comment se répartissent, en 1874, entre les diverses communions religieuses,

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L'Anglais, en effet, ne s'abandonne pas, avec une égoïste quiétude , aux satisfactions amenées par son état de prospérité. Il cède volontiers aux nobles sentiments qu'inspire surtout le christianisme. C'est à des Anglais des deux sexes, offrant plusieurs caractères de sainteté, que l'on doit une foule d'initiatives tendant à répandre la connaissance de la loi morale ou à protéger les faibles et les opprimés. Depuis les dernières années du XVIII® siècle, anglicans et dissidents ont déployé un zèle ardent pour la propagation du Décalogue, interprété par l'Évangile (VI, nr). Il faut citer au premier rang la Société des missions de l'Église établie , celle des missions de Londres et les associations méthodistes. Elles reçoivent le plus précieux concours de la Société biblique , aidée de quelques autres. Elles disposent de ressources

les populations qui , dans le monde entier, parlent la langue anglaise.

lUIien de penoDoes.

Anglicans 17.280

Méthodistes 13.250

Catholiques romains. . . . 10.000

Presbytériens '10.000

Baptistes . 8.600

Congrégationalistes .... 7.000

Unitairiens 1.000

Sectes diverses 1.500

Sans religion 6.900

Total. . . . 75.500

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puissantes qui s'accroissent chaque année ^ et elles étendent leur action dans Flnde, en Chine, en Afrique, dans l'Océanie et dans TAmérique du Nord. A la vérité , quand la colonisation est encore aux prises avec les difficultés de premier étabUssement, l'Anglais, loin de rechercher Fintervention du missionnaire, la considère ordinairement comme une gène et un embarras; mais dès que les intérêts britanniques sont définitivement assurés , la prédication et les écoles se développent avec rapidité et les œuvres locales viennent souvent seconder les sociétés-mères.

Au milieu de ces propagandes si actives , les Anglais conservent une qualité essentielle à la

^ Les cinquante Sociétés religieuses ou d'éducation qui rendent leurs comptes annuels au printemps, à Londres, ont reçu, dans Texercice 1873-1874, 40 millions de francs, soit 4 millions de plus que Tannée précédente. La Société biblique, avec 5 millions de recettes, a distribué 2.600.000 exemplaires des livres saints. La Société des traités religieux, grâce à une recette de 5.500.000 francs, a élevé à 1 milliard et demi le nombre des volumes publiés. Les Sociétés de missions proprement dites ont reçu près de 30 millions de francs. Parmi les plus importantes , on doit citer les trois suivantes : les missions de FÉglise établie, qui disposent de 6.500.000 francs, et emploient 205 ministres européens, assistés de 147 pasteurs et de 2.500 instituteurs choisis parmi les indigènes; la Société de Londres (dissidents), qui a reçu près de 3 millions de francs et compte 155 missionnaires anglais; les Sociétés méthodistes, dont les ressources dépassent 4 millions et qui instruisent 150.000 enfants dans leurs écoles.

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grandeur de leur patrie , et même à l'assistance des autres races : ils savent être modérés dans l'exercice du bien. Ils ne prétendent point rendre heureux, malgré ses goûts, un peuple étranger. Ils se gardent de lui imposer par la force leurs usages et leurs lois, et d'enfreindre dans ce but les prescriptions du droit des gens. Ils ne poussent pas le besoin de protéger les faibles au point de considérer comme ennemis ceux qui voudraient s'associer au protectorat. Enfin en cédant à leur préoccupation pour l'intérêt des étrangers, ils ne se laissent pas entraîner à compromettre celui de leurs nationaux.

Les gouvernants de l'Angleterre n'ont guère été poussés par l'initiative des particuliers et par les entraînements de l'opinion, à intervenir au dehors par des propagandes armées , ayant pour mobile l'intérêt des faibles et des opprimés*.

^ Si les Anglais ont rarement cédé aux exagérations de Tesprit de propagande , les Français se sont, à cet égard , donné libre carrière. Obéissant à des sentiments chevaleresques, ils se sont compromis de tous côtés dans le domaine politique. Cette conduite, toujours généreuse mais trop souvent turbulente, a eu comme suite, sinon comme conséquences six faits principaux : l'envahissement de la patrie, privée d'alliances, et la destruction de ses armées par un voisin calculateur et prudent ; le paiement d'une rançon sans exemple dans l'histoire ; la séparation forcée de provinces qui s'étaient volontairement réunies à la France et lui restaient attachées; la révolte de Français égarés qui , en présence de l'ennemi, ont montré un complet oubli des sentiments d'humanité et de patriotisme'; les ex-

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