‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 188 sur 190 · CH. VI — LES RAPPORTS COMMERCIAUX · texte numérisé non relu

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et à l'industrie manufacturière est moins entreprenant que les imitateurs qui surgissent aussitôt de toutes parts. Les Anglais ont habituellement pris rinitiative dans ces branches d'activité, sans provoquer l'imitation; souvent même, ils ont cherché sans succès à la décourager.

Les deux sortes de propagandes diffèrent par le résultat encore plus que par la méthode. Les conquêtes de la vertu sont utiles à toutes les races. Celles du commerce, au contraire, si elles ne sont pas accompagnées d'un progrès correspondant du sens moral, sont toujours une cause imminente de décadence. Elles sont particulièrement agressives pour les races simples et frugales qui tirent directement leur subsistance des libéralités de la nature et qui se perpétuent en quelques régions écartées du globe , sous l'autorité de la loi révélée aux premiers hommes. Tout c( progrès » qui amène des <î: civilisés » , dans un vaisseau marchand, sur les rivages voisins de ces races primitives, y importe surtout, quelle que soit la cargaison, la corruption et la souffrance. Cette forme de contagion a été aperçue par les écrivains perspicaces de l'antiquité ^ De nos jours

* a Ne considérons-nous pas tous, tant que nous sommes, « les Scythes comme la simplicité et la franchise même... « comme infiniment plus sobres et plus tempérants que « nous , bien qu'en réalité Tinfluence de nos mœurs , qui a « déjà altéré le caractère de presque tous les peuples , en (■<• introduisant chez eux le luxe et les plaisirs, ait pénétré

€ les progrès de la civilisation » lui ont donné un plus haut degré d'évidence *. Les Européens ont encouru plus que les autres races, soit dans leurs commerces, soit dans leurs conquêtes, la responsabilité de ce désordre. Sous la conduite de Pizarre^ et de Warren-Hastings (III , m), comme dans certaines expéditions récentes aux rivages de l'Afrique ou de TOcéanie , ils ont déployé en-

« jusque chez les peuples barbares et sensiblement cor- « rompu leurs mœurs, celles des nomades entre autres? Il a « suffi , par exemple , que ces peuples aient voulu essayer a de la mer pour que leurs mœurs se soient aussitôt gâtées, « et pour qu'on les ait vus prendre , des différentes nations « avec lesquelles ils se mêlaient, le goût du luxe et des a habitudes mercantiles. Ces tendances semblent devoir « adoucir les mœurs ; mais, par le fait, elles les corrompent « en substituant la duplicité à cette précieuse simplicité « dont nous parlions tout à Theure. » (Strabon, Géographie, VII , III , 7.)

* Après avoir signé un traité avec le Japon , lord Elgin écrivait (12 août 18S8) : « Dieu veuille qu'en ouvrant cette « contrée aux Occidentaux , nous n'ayons pas apporté chez « elle la misère et la ruine. » (Voir ci -après, note 6.) = 3 C'est par la trahison et l'assassinat que Pizarre triompha d'Atahualpa et parvint à asseoir sa domination sur le Pérou (1535). — L'Espagne a commencé la conquête du Nouveau -Monde sous l'inspiration des plus nobles sentiments de générosité et de foi ; mais elle n'y a guère envoyé que des aventuriers avides. Au contraire, la France et l'Angleterre ont expédié au Canada et au nord des États-Unis des familles d'agriculteurs qui surent y introduire les saines traditions du travail et de la vertu. Voir le Rapport sur la colonisation du Mexique, par M. le commandant E. Pier- RON [Bulletin de la Société d'économie sociale, t. IV, p. 65.)

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