‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 189 sur 190 · CH. M — LES RAPPORTS COMMERCIAUX · texte numérisé non relu

CH. M — LES RAPPORTS COMMERCIAUX

vers les races faibles et confiantes, une perfidie et une cruauté qui soulèvent l'indignation etThorreur. En certains lieux, le mal ne prend fin que par Textinction de ces races infortunées : leurs persécuteurs, en effet, dédaignant les profits d'un commerce honnête, se bornent à échanger, contre des esclaves et des prostituées, des spiritueux et des narcotiques abrutissants. Il n'existe guère aujourd'hui qu'une région où se conservent les races primitives : c'est la Grande-Steppe de l'Asie centrale où ces avides et féroces marchands n'ont pu encore pénétrer*.

Les Anglais ne se sont peut-être pas adonnés plus que les autres Européens à ces affreux commerces. Du moins leur gouvernement s'est particulièrement honoré en les réprimant, avec le concours de la force publique, sous l'inspiration de certaines initiatives privées dont il a été précédemment question (v). Souvent d'ailleurs, les marchands anglais se distinguent par des qualités dignes d'éloge : chez eux, à l'exemple des musulmans, ils montrent dans l'offre de leurs marchandises une digne réserve qui tranche avec la fatigante avidité et les protestations men-

* Depuis 1872, néanmoins, divers spéculateurs ont étudié des projets de chemins de fer qui se dirigeraient d'Orenbourg vers TAsie centrale. Cette dernière patrie de la frugalité et de la vie pastorale va donc être, à son tour, envahie par les entreprises de la guerre et du commerce.

songères de quelques autres races; au dehors, ils déploient une scrupuleuse exactitude dans la qualité et la quantité des livraisons. Toutefois l'Angleterre , par cela seul qu'elle a le commerce le plus étendu, contribue probablement plus que toute autre « nation civilisée i> à réduire les limites du monde moral. Selon toute apparence, chacun de ses missionnaires chrétiens ne répare pas le mal causé par chaque avide marchand ^ Le gouvernement lui-même n'est pas toujours libre de résister à de malsaines influences. Sous la pression des intérêts commerciaux qui ont aujourd'hui, en Angleterre, une grande prépondérance, il est parfois conduit à mettre les forces de l'État au service d'une mauvaise cause. C'est ainsi qu'en obligeant les Chinois à subir le commerce de l'opium produit au Bengale, il soutient un attentat honteux contre la loi morale et l'humanité ^

* Mon ami, M. Vlangaly, ambassadeur de Russie en Chine, m'apprend que depuis plusieurs années la Société missionnaire de Londres a introduit dans les hôpitaux de Pékin et de Tien-Tsin la vente des pilules contre Topium. Le nombre des Chinois qui ont recours à ce traitement croît sensiblement chaque année. — F. L-P. z=. ^ A ce sujet, je n'ai point à reproduire un regret précédemment exprimé ( v). Cette politique commerciale de TAngleterre a été blâmée en termes énergiques par un haut fonctionnaire anglais dans les circonstances suivantes. Après un incident relatif au commerce de Topium, le parlement refusa de voter la guerre contre la Chine; mais il fut dissous, et le cabinet envoya lord Elgin avec une escadre. Je donne ici quelques extraits

Page 1