‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 67 sur 190 · CH. IX — LES CAMPAGNES ET LES VILLES · texte numérisé non relu

CH. IX — LES CAMPAGNES ET LES VILLES

arrive de plus en plus aux classes qui possèdent ou exploitent, dans les agglomérations urbaines, les ateliers des manufactures et du commerce ; cependant elle ne se mesure pas encore à la valeur des produits de chaque sorte de travaux. Malgré l'infériorité relative de la production agricole (vni), les propriétaires ruraux conservent en partie la prépondérance qui leur appartient dans toute société bien constituée (V, ix).

En 4086, à l'époque du recensement dont les résultats figurent au Doomesday book, les villes contenaient seulement 100.000 habitants , soit un vingtième de la population totale. Depuis lors elles se peuplèrent plus rapidement que les campagnes; mais ce mouvement ne s'accéléra réellement qu'à l'époque des Tudors et des Stuarts , sous l'influence de trois causes principales : la noblesse cessa d'être exclusivement rurale et fonda des établissements près de la cour et dans les villes; la culture des lettres et des arts libéraux se développa dans les grandes villes et en augmenta la force d'attraction ; enfin l'impulsion donnée depuis Cromwell à l'activité matérielle accrut rapidement les agglomérations manufacturières et commerçantes. En 1688, à l'avénement de la maison d'Orange , la ville de Londres avait déjà 500.000 habitants. En 1783, a la fin de la quatrième période, cette population atteignait 700.000; les grandes villes contenaient

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2.000.000 d'habitants, formant le quart de la population totale. Pendant la période actuelle, l'extension relative des villes est devenue plus rapide encore. A Londres la population s'est successivement élevée en 1800 à 900.000, en 1850 à 2.300.000, en 1864 à 2.900.000*. Dans les agglomérations manufacturières, le mouvement a été plus prononcé : de petites villes , telles que Birmingham, Manchester ou Liverpool, et même de simples bourgades , telles que Sheffield, sont devenues des cités de premier ordre. Enfin, en 1864 , la population des villes ayant un caractère commerçant et manufacturier excède la moitié de la population totale. Cette extension des villes peut être à bon droit

* Depuis lors Taccroissement a continué à raison de bO.OOO par année : le recensement de 1871 a donné 3.250.000 habitants. Quoique cette immense agglomération se sôit constituée sur un terrain argileux moins favorable que d'autres à la salubrité, la mortalité n'y est pas grande : pour 1.000 habitants, on compte en Angleterre 23 décès et à Londres 26. L'écart est de 3 pour 1.000; il est de 5 pour Paris, de 13 pour Bruxelles et de 14 pour Madrid. Parmi les causes de cet état satisfaisant de la santé publique, il faut citer la vaste étendue de la ville et surtout le petit nombre des habitants dans chaque maison : on trouve seulement en moyenne 103 habitants par hectare et 8 par maison; les évaluations correspondantes sont à Paris 329 et 32. La mortalité est plus grande dans les centres manufacturiers et plus faible dans les districts ruraux ; pour 1.000 habitants, il y a 28 décès à Birmingham, 34 à Liverpool, 36 à Manchester, 19 seulement dans les campagnes.

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