‹ La Constitution du Généralat de Pascal Paoli en CorseChapitre 11 sur 33 · PE RS · texte numérisé non relu

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des membres du Conseil d’État fut réduit à neuf siégeant pendant six mois ou un an, il est probable qu'il y eut entre eux une autre répartition des services publics. Aucun des textes des Consultes que nous possédons ne l’indique, pas plus que ne permettent de le déduire les nombreuses lettres ou circulaires officielles émanant soit du Suprême Conseil, soit du général. À quelque autorité qu’elles soient adressées, Magistrats provinciaux, Commissaires des pièves, Membres de la Junte, Capitaines ou Lieutenants d'armes, Podestats et Pères du Commun, Intendants de finances, etc., elles portent comme en-tête : Général et Suprême Conseil d'État, ou seulement Suprême Conseil d'État et sont contresignées par le Chancelier.

Le Chancelier. — Le Chancelier avait le contreseing de tous les actes du Gouvernement ; c’est probablement le fonctionnaire qu'on appelle Secrétaire d'État dans la Constitution de 1755. Nous n'avons pas de renseignement sür la façon dont il devait être nommé. En tout cas, le premier fut vraisemblablement élu par le peuple comme tous les hauts fonctionnaires du Gouvernement. Nul ne songea à le changer età en nommer un autre, car, surtout au début, quand les membres du Conseil d'État restaient si peu en fonctions, le besoin s’est fait sûrement sentir d’un rouage (autre que le général), qui fut permanent et qui put maintenir un peu d'ordre et de suite dans la

marche des affaires publiques. Le fait est que le même

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personnage resta chancelier de 1755 à 1768, puisque tous les actes du Gouvernement depuis le début jusqu'au 29 août 1768 sont signés par Massessi, chancelier. Après celte date, nous n’en possédons plus ni signées de Massessi ni d’ailleurs d’un autre.

Le Général Président. — Le Conseil d'État était présidé par le Général. Celui-ci recevait à ce titre la correspondance des différents fonctionnaires de la ‘Nation et répartissait les affaires, au début entre les trois Chambres de guerre, finances ct affaires intérieures, puis plus tard entre les Membres du Conseil, suivant les compétences qu'ils s'étaient attribuées. L'affaire étudiée était rapportée au sein du Conseil et celui-ci décidait de la solution à lui donner ; les membres du Gouvernement avaient une voix chacun, le Général avait deux voix; au cas de partage égal, la voix du chancelier secrétaire d'État, de consultative qu’elle était généralement devenait délibérative.

Le siège du Gouvernement était à Corte. Jusqu’en 1758, les Conseillers d'État en exercice se transportaient là où leur présence semblait nécessaire, soit pour calmer les esprits, soit pour rallier les hésitants au parti de la Nation. Les moyens de communication étaient difficiles et les intrigues de Gênes, les fausses nouvelles qu'elle se plaisait à répandre rendaient utile en maints endroits la présence des premiers citoyens de la Nation. Ainsi le peuple voyait devant

lui ceux que la République représentait comme une

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bande de séditieux ; il assistait à leurs efforts pour ramener l’union dans les pièves, entendait leurs patriotiques conseils, et comprenait que le temps des luttes héroïques n'était pas fini. Mais ce qui avait paru nécessaire dans les premières années pour asseoir l'influence et l'autorité du nouveau pouvoir central ne convenait plus lorsque, la confiance d’en bas engendrant en haut la stabilité, les fonctions du nouvel état devinrent plus régulières et plus importantes à mesure que l’ordre se rétablissait. Aussi la Gonsulte du Nebbio de septembre 1758. décida-t-elle que désormais le siège du Gouvernement serait à Corte, centre de l’île, la plus grande des villes qui avaient secoué le joug des Gênois, l'antique capitale de cette Terre du Commun, d'où s'étaient répandus sur l'île entière, plusieurs

siècles auparavant, les premiers rayons de la liberté.

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