‹ La constitution essentielle de l'humanité: exposé des principes et desChapitre 2 sur 103 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

naît incapable de produire < le pain quotidien 3> nécessaire à sa subsistance, et de pratiquer la loi morale sans laquelle , devenu homme fait , il ne saurait vivre en paix avec ses semblables. Pour la plupart des enfants, cette incapacité persisterait, si elle n'était pas combattue par l'éducation .

Le père et la mère procurent l'éducation à Tenfant, sous l'inspiration de l'amour paternel qui les porte à se dévouer au bonheur de leurs descendants, et par l'évidence des motifs qui lient indissolublement leur bonheur propre à celui de la famille entière. La race souffre et même se dégrade , dès que la nécessité de l'éducation n'apparaît plus aux parents comme l'intérêt principal de leur vie.

Les moyens d'éducation offrent, chez toutes les races prospères , les mêmes traits généraux : ils répriment le vice originel qui se montre chez les nouveau -nés avec les premières manifestations de la volonté ; ils développent les tendances innées vers le bien ; ils donnent à l'adolescent l'apprentissage de la profession qui procure le pain quotidien nécessaire à chacun; ils assurent la pratique du Décalogue , qui crée le règne de la paix dans la société.

La grande difficulté de l'éducation consiste à

TRÉFACE VII

tenir l'enfant, l'adolescent et l'homme fait, soumis à l'autorité paternelle. Si ce problème n'est pas résolu, l'œuvre entière s'écroule au grand détriment de la famille et de la société. C'est sur ce point décisif que ce concentre surtout la sollicitude des parents ; c'est à l'esprit d'obéissance envers ces derniers que se reconnaissent, soit les individus qui ont le moins souffert du vice originel , soit ceux qui en ont été le mieux corrigés. Pour se faire obéir de leurs enfants, les pères emploient en général le procédé dont se servent les autres pouvoirs humains; ils ont recours à « la verge de la discipline d ; mais, plus que tout autre pouvoir, par une tendance qu'inspire la nature, que fortifie la réflexion, ils prennent pour auxiliaires les sentiments d'amour et de dévouement. Ces sentiments, toutefois, sont loin de suffire à dompter l'esprit de révolte qui est naturel aux jeunes générations. Les parents sont conduits par une sorte d'instinct à s'appuyer sur une autorité plus haute, qu puisse être acceptée des enfants sous la pression d'une crainte salutaire. A l'égard de la première enfance, quand la raison est encore absente, les mères et les nourrices ont souvent le tort d'invoquer des pouvoirs imaginaires ;

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mais , à mesure que se développe la raison , les parents demandent un appui croissant à l'Être suprême. D'avance, en effet, la famille s'est assuré ce concours auprès des enfants, en leur donnant l'exemple du culte rendu à Dieu. Chez tous les peuples prospères , elle sent le besoin de développer ainsi le sentiment religieux dans leur âme, afin que les écueils de la vie ne viennent pas trop tardivement en faire comprendre la nécessité. Ce grand phénomène social est révélé, chez tous les peuples prospères, par l'étude de l'histoire et par l'observation des faits contemporains. C'est en le constatant que Voltaire a dit : « Si Dieu n'existait pas , il faudrait l'inventer. »

Sauf de rares exceptions, les philosophes du dernier siècle admettaientl'existence de Dieu, et combattaient moins la religion que le clergé. Leurs disciples de la révolution s'inspiraient de ce même sentiment; et, jusqu'aux limites extrêmes de la Terreur, ils continuèrent à inscrire le nom de Dieu dans leurs déclarations de droit. L'école révolutionnaire de 1848 ne niait pas davantage l'existence de Dieu ; elle se montrait même favorable à la religion.

Deux motifs principaux tendent à développer d'autres sentiments au sein de quelques partis

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politiques, formés sous Timpression des catastrophes nationales de 1871. Les uns reprochent au clergé des préoccupations politiques et une opposition latente au régime actuel ; les autres , plus audacieux dans leurs négations , vont jusqu'à soutenir que « la science > est en mesure de démontrer que Dieu n'existe pas.

Beaucoup de savants, il est vrai, ont acquis de nos jours une légitime renommée en découvrant certaines lois du monde physique. Les plus célèbres comprennent qu'en observant des faits matériels, ils ne devaient pas rencontrer sensiblement sous leur scalpel ou leur microscope Dieu , qui est un pur esprit. Quelques-uns, moins réservés, s'appuient sur des faits qu'ils n'ont point observés personnellement pour affirmer que l'homme, livré à ses impulsions naturelles, n'a pas la connaissance de Dieu. Adoptant les récits de voyageurs peu compétents, ils allèguent que certaines races simples sont dans ce cas et possèdent néanmoins le bonheur fondé sur la paix. J'ai constaté dans mes voyages le fait opposé : les races simples et heureuses n'ont pas seulement la connaissance de Dieu : en l'absence de toute impulsion venant du dehors , elles organisent spontanément le culte domestique. Je signale cette orga-

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