‹ La constitution essentielle de l'humanité: exposé des principes et desChapitre 44 sur 103 · L'AVENIR DE L'HUMANITÉ · texte numérisé non relu

L'AVENIR DE L'HUMANITÉ

L*huinanlté peut -elle sortir du cercle vicieux de prospérité et de soulfrance où elle restée enlermée jusqu'à ce Jour ?

Les sociétés aspirent toutes au bonheur, et, comme elles ont toujours sous les yeux des spectacles de souffrance, elles se demandent avec anxiété si elles peuvent compter sur un meilleur avenir. Cette question est posée en permanence au sein de l'humanité . Dans le cours de cette enquête, lés peuples sont peu enclins à reconnaître que le malaise présent est le fruit des fautes du passé; et, pour la prévision de l'avenir, ils préfèrent habituellement Tillusion à la réalité. Cette disposition des esprits est d'autant plus prononcée que la souffrance est plus aiguë. Par ce motif, la réforme au milieu d'une corruption récente est relativement facile chez les petites nations qui, comme la république de Saint-Marin, ont gardé au moins le souvenir des sages leçons de leurs fondateurs et des bonnes coutumes de leurs ancêtres. Au contraire, elle est entravée par beaucoup d'obstacles chez les nations compliquées, qui ont oublié les exemples de leurs sages et qui d'ailleurs ont rompu depuis longtemps avec la tradition de leurs époques de prospérité.

Ces nations prennent volontiers pour guides des égarés qui flattent les erreurs accréditées chez elles par un état persistant de corruption. Telle est la situation où la France est maintenant placée. Selon la doctrine favorite du moment , une loi fatale détermine le mouvement imprimé aux sociétés depuis l'origine du deuxième âge ; mais il y a contradiction sur le sens suivant lequel ce mouvement s'opère. Les confiants qui en assument la direction croient se rapprocher du bonheur ; les découragés qui s'abstiennent se persuadent qu'on s'en éloigne : au fond, en adoptant ces deux opinions , les uns et les autres se dispensent, sciemment ou à leur insu, des efforts pénibles qu'il faudrait faire pour ramener la patrie de la souffrance à la prospérité.

Ces erreurs dominaient dans l'enseignement littéraire qui me fut donné aux écoles publiques de mon pays ; mais l'École polytechnique où se forma mon esprit fit contrepoids , par la méthode des sciences physiques, à la funeste influence des lettrés. Cette méthode, appliquée à l'étude des faits sociaux, mit en .lumière, par voie d'induction, les vérités exposées dans le présent chapitre et dans ceux qui le précèdent. Ces vérités se résument dans les termes suivants, qui répondent à la question posée en tête de ce paragraphe :

Il est chimérique de croire à un avenir qui offrirait le règne permanent de la paix : l'homme,

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