CONCOURS DE LA MAISON MAME
a L'accueil bienveillant fait à ces livres par les a divers organes de la presse française a été pour « nous un autre symptôme significatif. La pratique a des Autorités sociales préposées à la direction des « arts usuels est fondée, en partie, sur les innova- « lions matérielles que nos contemporains admirent ; a mais elle repose surtout sur la conservation des a vérités morales et des principes traditionnels qu'ils c oublient de plus en plus. Or les livres de M. Le « Play ont surtout pour but de décrire cette pratia que : ils contrarient donc généralement le mouve- « ment habituel de l'opinion. Dès lors, la sympathie, ce ou tout au moins la tolérance de la presse, nous ce sont apparues comme les signes précurseurs d'une a prochaine réforme.
a Enfin nous avons beaucoup remarqué l'impression « que ces mêmes livres ont produite hors de notre « pays. A l'étranger, où l'on se méfie d'ordinaire de € nos productions politiques, où l'on nous reproche ft les théories abstraites, arbitraires, déclamatoires ft et parfois perverses, les ouvrages de M. Le Play c ont tout d'abord excité de l'étonnement et une iL sorte d'incréduhté. On semblait se demander si ce iL méthodique et respectueux observateur des saines a coutumes était bien du pays qui, un certain jour, « a prétendu déraciner toutes ces coutumes et les ce jeter au vent. »
Je résume, dans les termes suivants, la mission de bien public remplie sous nos yeux par les chefs de la maison Mame. En ce qui concerne le passé, ils ont
poursuivi , sans relâche , le but que se sont proposé les Autorités sociales de tous les temps : ils ont voulu procurer à leurs ouvriers et à leurs autres collaborateurs les bienfaits qu'assurent la possession du pain quotidien et la pratique de la loi morale; à cet égard, ils ont organisé tout ce qu'on peut tenter de nos jours en France, au milieu des influences malsaines qui se développent dans nos grandes villes et sous la pression des lois qui sapent incessamment dans nos familles le principe de l'autorité, de la stabilité et de la paix. En ce qui concerne l'avenir, ils espèrent inculquer les deux désirs qui les préoccupent à leur postérité, puis les satisfaire avec son concours. En premier lieu , transporter les ateliers actuels dans la banlieue de Tours et placer ainsi leurs ouvriers sous la salutaire influence de la vie rurale. En second lieu, fortifier le concours donné jusqu'à présent à la réforme sociale, par la vente à bas prix de la Bibliothèque : contribuer ainsi à la restauration de la famille stable, principe de toute prospérité ^
* Comme le jury solennel de 4867, le jury de l'exposition universelle de 1889 (Économie sociale, sect. XIV, Institutions patronales) a rendu hommage à MM. Marne en leur attribuant Tun de ses grands prix. Tout récemment, les « noces de diamant » de M. et M™» Alfred Mame ont été l'occasion d'une touchante manifestation des sentiments d'affection et de reconnaissance qui unissent les patrons et tous leurs collaborateurs. MM. Mame ont en outre fait à leur personnel un don vraiment royal , et accru par de nouvelles libéralités les bienfaits des institutions de retraites. (V. la Réforme sociale du 46 février 4893.)
Au moment où s'achève cette édition, M. Alfred Mame vient d'être enlevé à l'affection des siens et à la vénération de sa famille industrielle , après une longue vie d'honneur et de vertu , dont la tradition demeure pour ses descendants le plus noble des héritages.
Jugements sur la Bibliothèque , émis en Angleterre , en Allemagne et en France.
(Extraits sommaires.)